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Pas le temps de bloguer. Cloture trimestrielle et audit annuel. Les auditeurs me demandent de remplir un questionnaire sur la culture d'entreprise et la gestion du risque. Avec des questions comme :
- Est-ce que la rémunération variable du top management est disproportionnée par rapport au fixe?
Depuis Enron, on ne peut plus ignorer les énormes pressions pour masser les chiffres qui pèsent sur les épaules d'un CFO. Il y a aussi des questions plus anodines comme :
- Est-ce que le top management est honnête ?
(Le questionnaire est destiné au top management des boites auditées)
J'ai toujours aimé les photos de famille. Au détour d'une recherche par mot-clé, je tombe sur cette photo qui me fascine par ce qu'elle dit sans dire.
.L'image est issue de wikicommons (cliquez dessus) - sa légende précise qu'il s'agit d'une famille nombreuse (extended family) américaine typique (typical).
On sent le fascisme iconographique : la bisaieule dans sa robe a fleurs bleues est la matriarche d'un clan et la seule à ne pas porter l'uniforme qui consiste en un polo ou un ticheurte de
couleur unie et d'un pantalon ou d'une jupe beige, couleur neutre qui fait ressortir la symbolique des couleurs des hauts.
Sa fille, en noire, à coté d'elle, est la véritable matrone du groupe si l'on en croit son air autoritaire et intelligent, son langage corporel (ah ce poing fermé posé sur la cuisse ! une
vraie pose de général en campagne !) et, c'est un détail mais chaque détail a son importance dans cette photo soigneusement mise en scène, sa position : elle recouvre en partie, de sa masse
corporelle, la présence de sa mère partiellement cachée et elle occupe la position la plus centrale dans cette photo symétriquement agencée.
Le reste se déduit aussi de lui-même. Si la bisaieule a eu d'autres enfants, ils ne sont pas invités dans le cadre de cette photo qui est une célebration de la matrone en noire. Ses cinq ou six
enfants et leur descendance sont soigneusement et chromatiquement catégorisés : bleus, rouges, jaunes, oranges, verts et les moutons noirs. Dans la catégorie moutons noirs, il y a le mari et sa
nouvelle femme, un peu parias, mais ce statut ne semble pas les géner, ils ont l'air heureux dans cette frange marginalisée, à la gauche du groupe (et la droite de la photo). L'autre mouton noir
est moins visible. Sa tête est cachée au dernier rang entre les bleus et les rouges. Il est de toute évidence trop agé pour être le rejeton contestataire de M. Rouge ou de M. Bleu. J'y vois le
benjamin pédé de la fratrie, ni tout à fait ostracisé dans cette Amérique moyenne, ni tout à fait à son aise dans le cadre de cette célébration de la fécondité matrimoniale. Fifils à sa maman,
comme le mari divorcé et remarié, il porte les couleurs de la matrone.
A propos, on remarquera la valorisation de la féminité (fécondité, fertilité) : les femmes sont toujours devant leur mari et on sait combien les places avant sont valorisées par la symbolique
iconographique.
Le comptable que je suis note que le boom générationnel se stabilise en n+2, chacun des petits enfants de la bisaieule a entre trois ou deux enfants.
Ça en dit des choses, hein ?, une simple photo...
The Economist, mon magazine préféré, publie un éditorial sur le bonheur d'un point de vue politicoéconomique, sous la forme de la critique du livre Gross National Happiness (traduction libre sous forme de titre de ce post) de Arthur Brooks.
Qu'y apprend-on ? Qu'il vaut mieux etre de droite que de gauche pour être heureux. Mais j'aurais tendance à dire que cette dichotomie recouvre aussi celle de l'aisance et que - pour faire simple - les nantis (à ma droite) on plus de raisons d'être heureux que les revendicateurs et les réformateurs d'une société injuste (à ma gauche).
Qu'être parents donne plus de chance d'être heureux en dépit de la responsabilité et du stress supplémentaires que les enfants représentent. Les papas et les mamans américains se déclarent plus heureux que les célibataires ou les couples sans enfants. Là encore, je soupçonne un biais statistique : ceux qui doutent en l'avenir (pas forcément les plus heureux des hommes) seront moins enclins à faire des enfants. Les célibataires - le plus souvent des jeunes adultes qui commencent dans la vie, stress des débuts de carrière, stress de l'inconnu (j'ai personnellement haï mes vingt ans) seront naturellement moins heureux que les trentenaires et plus qui ont déja plus réussi, sont mieux intégrés et... ont des enfants.
Un truc marrant pour l'Européen que je suis (l'enquète est américaine) le fait de croire en Dieu rend heureux (ou fait se dire beaucoup plus heureux). Dieu donne des convictions et une téléologie rassurante.
Même chose pour l'extrêmisme politique : radicalement à gauche ou très à droite fait se dire plus heureux que de ne pas trop savoir quelle est la solution miracle pour sauver la planète, le pays, sa famille et sa peau.
Merci Fred pour la vidéo, la première de ce blog.
On fait la cuisine ensemble. Des oeufs mimosas, des aubergines à la purée de tomate, du taboulé, du poulet à la béchamelle aux champignons, on reçoit ce soir. Des bribes de conversation en
français entrelardées d'anglais explicatif et saupoudrées de tchèque illustratif.
- il faut enlever les jaunes des oeufs. Et tu les mets dans ce bol pour le mélanger avec la mayonnaise.
- c'est quoi les jaunes ?
- c'est ça.
Mayonnaise ne pose pas de problème parce que ça se dit peu ou prou pareil en tchèque. Mais jaune...
- ah ! oui !... jaunes comme young...
- ah ! non... ça c'est jeune. Comme la jeunesse. Répète jaune - jeune...
- jone - jeûne...
- jaune - jeune
- jaune - gêne...
- hmmm... gêne, c'est nepohoda... jeûne, c'est pust, ne rien manger, les jaunes se mangent et jeune comme young se prononce avec le même son que oeufs des jaunes d'oeufs...
Mon exemple devait être particulierement mal choisi parce que Jan, d'ordinaire francophile et élève avide de savoir, me lance :
- I hate French!
Entrechoc de l'actualité : le Monde nous apprend que la traversée de la flamme olympique en France ne se fera pas sans manifestation (Les monastères sont encerclés) de la part de Français attachés à défendre la cause indépendantiste du Tibet. Bizarrement, on ne les entend pas manifester pour la cause indépendantiste de la Nouvelle-Calédonie (Une radicalisation menace). Et celle de la Corse - achetée par la France depuis moins longtemps que le Tibet n'est vassal des fils du Ciel - n'a jamais fait l'ombre d'une empathie à Paris.
C'était ma rubrique "le génie de la liberté est très français et peu cartésien"
- I write a blog. It is about setting and sharing a positive attitude. My motto, on the header of my blog is ''you 'ave to 'ave 'appiness, if only to show the good example''
Eclats de rire... qui n'en finissent pas... Et puis quand on reprend son souffle tout s'explique :
- You have to have a penis to show the good example?!?!
Comme dirait ma grande amie Cynthia Durcanin, I am unmistakably French...
C'est avec elle qu'on s'etait trop tordu de rire avec l'Esprit saint qui descend dans la compote.