Un parfait samedi, chaleur tropicale, bieres partagées sur la terrasse des jardins de Petrin avec Lukas, longue promenade dans la vieille ville et sur les iles de la Vltava qui célebrent le United Island of Prague Festival.

J'adore la simplicité et le graphisme du logo sur la facade du cafe littéraire de la rue Tynska dans la vieille-ville.

Je suis un peu spécial ;-) j'ai mis des pommes de terre qui avaient germées dans la jardiniere sur le mini-balcon de la cuisine et l'une d'elles a daigné pousser pour mon plus grand plaisir de jardinier amateur.

En France, les choses étaient claires jusqu'a y'a pas tres longtemps, la femme prenait le patronyme de l'époux - end of story.
Depuis, les choses se sont démocratisées et l'époux peut prendre le patronyme de sa dulcinée, ils peuvent aussi décider de les combiner... Choses possibles depuis les années 20 ou 30 en Tchéquie, pays tres tot égalitaire sur cette question (le premier président de la République montrant l'exemple en s'appelant Tomas Guarrigue Masaryk, Guarrigue etant le patronyme de son épouse).
En revanche, s'il y avait une certaine égalité de traitement, la langue ''résistait'' puisque les patronymes sont fortement sexués en Tchéquie et une femme a toujours un patronyme feminin en -ova (la tennisseuse tcheque Martina Navratilova et maintes irresistibles top-models (Herzigova, Maxova...) l'ont rendu familier. Cet -ova est en fait une marque du génétif, quand vous vous appelez Navratilova vous etes (au choix) la fille de Navratil ou la femme de Navratil.
Donc, elles avaient le choix mais restaient soumises a l'ordre sémantique masculino-machiste.
Avec l'entrée dans l'union européenne, une certaine démocratisation est encore apparue: sous condition d'épouser un étranger, la femme n'est pas obligée de suivre l'usage patronymique tcheque. Si j'épouse Martina N., elle peut au choix s'appeler Navratilova (elle peut le garder) ou Dilgentova ou Dilgent ou Navratilova-Dilgentova ou Navratilova-Dilgent ou Dilgent-Navratilova ou Dilgentova-Navratilova. Vive l'Europe! Vive la liberté!...
(et moi le choix entre Dilgent, Navratil, Navratil-Dilgent ou Dilgent-Navratil. Vive l'Europe! Vive la Tchéquie! Vive la liberté! )
Sauf que voila... avec la récente loi sur le Partenariat entre personnes du meme sexe et les tous récents décrets d'application une levée de bouclier s'éleve contre... allez, devinez! ... contre la possibilité donnée aux femmes tcheques d'adopter le patronyme masculin (masculin pour une oreille tcheque) de leurs compagnes etrangeres... Aux yeux de certains, les boutches n'ont pas le droit d'etre encore plus mieux boutches.
Encore de la musique... mais en littérature cette fois...

Je ne sais plus qui me l'avait conseillé, la petite libraire de l'Institut Culturel Francais a mis quelques semaines a l'obtenir et je commence la lecture de ce petit bijou.
J'admire, j'aime, j'adore la prose échenozienne et il faut oser pour commencer aussi cranement un roman avec une référence aussi transparente, appuyée a son premier chef-d'oeuvre, La salle de bains:
On s'en veut quelquefois de sortir de son bain. D'abord il est dommage d'abandonner l'eau tiede et savonneuse ou des cheveux perdus enlacent des bulles parmi les cellules de peau frictionnée, pour l'air brutal d'une maison mal chauffée. Ensuite...
Delicieux moment hier soir. Adam et moi, invités par Nad'a, notre avocate, a un concert d'un duo de violoncellistes, Petr Nouzovsky et (si quieremos!) Ondrej Valenta qui nous jouaient Bach et des variations modernes (genre Bachianas brasileiras a la tcheque) par de jeunes compositeurs tcheques (P. Trojan et R. Haas). Les pieces pour violoncelles étaient dansés par un couple de danseurs virtuoses de la troupe du ballet national (Jiri Kodym et Nikola Marova). Tres classiques, baroques, parfaits, ils nous ont épargné la gesticulation a la mode dans la danse moderne et absolument en phase avec la musique en ce sens qu'ils n'en faisaient pas un gramme de trop: comme la musique du KapelMeister.
Le tout était entrelardé de récitations de poemes (en tcheque: fallait s'accrocher!)
et se déroulait dans la nef du musée de la musique, un batiment tres bizarre (soit un couvent et son eglise abbatiale - normalement on dispose les cellules des nonnes autours du cloitre et le cloitre jouxte l'eglise abbatiale - et bien ici, c'est comme si l'architecte avait disposé les cellules des nonnes (sur trois étages) autours de la nef de l'eglise. Tu visualises? non? c'est pas grave: vas visiter le musée), tres bizarre donc mais parfaitement adapté a ce mariage de la danse et de la musique.

C'est un Lukas un peu sombre qui reprend le train pour Olomouc dimanche...
Il passe ses examens cette semaine, il n'aurait pas ete sage de jouer les prolongations...

Et donc Lukas a quitté sa Moravie natale pour une semaine de révision d'examen a Prague chez moi. Faut dire que sans la télé, mon appart est d'un spartiate tout estudiantin...
Vendredi, c'était la présentation a ma 'famille' (j'avais rencontré la maman de Lukas et le papa aussi d'ailleurs lors du week-end passé a Olomouc) et donc repas avec les amigos a la pizzeria grosseto de namesti Miru. Comme d'habitude, on a bien rigolé.

Fede en grand conversation con las manos avec Lukas...

Remi avait mis ses bijoux de cuir pour faire plus butch.

Et etait pret a en foutre une aux paparazzi qui suivaient la petite bande au sortir du restau.

S'il est clair que Lukas ecrit a son camarade, que fait Remi? Vers quel objet interessantissime sont diriges ses yeux?

remerciements:
Will et sa nouvelle camera digitale pour les photos
Allpeers pour le superfacile file-sharing desdites photos
mais encore:
On ira regarder la maniere toute moi-moi-moi-et-encore-moi qu'a ElCed de raconter la meme soiree ;-)
Mon prochain déplacement me verra a Bucharest dans une semaine, le 26 - 29.6. de la, je m'envolerai directement pour Londres rejoindre les amigos et voir Nixon in China au Palladium et A Sunday in the Park with Georges je ne sais plus ou (c'est Fede, sur lequel je repose aveuglement mes choix musicaux, qui s'occupe de la billeterie).
''Ahoj!'' est le ''salut!'' des Tcheques et des... marins.
J'ai longtemps cru que c'etait par un humour typiquement tcheque que les Moraves et les Bohemiens se saluaient en imitant les loups de mer dans un pays sans facade maritime...
Mais pas du tout.
Ahoj est l'accronyme de Ad Honorem Jesu. Les marins comme les Tcheques sont des personnes profondement religieuses et respectueuses de celui qui marcha sur l'eau et inspira la metamorphose a Kafka.
Ca t'en bouche un coin, non?