Aïd moubarak !

Publié le par remi

Cette année, l'Aïd el-Kebir tombe le 8 novembre, grace a quoi je suis en congé du 7 au 9 inclus.

Congé, façon de parler... je suis au bureau à bosser sur le budget, le reporting mensuel et l'audit. Je n'en sors pas. Je disais en rigolant à Laurent

 

- les congés et les weekends, chez Savah, c'est quand tu peux arriver à dix heures et partir à six plutôt que dix heures du soir.


L' Aïd el-kébir dit aussi Aïd al-adha célebre le sacrifice fondateur d'Abraham qui immole son fils a Dieu et en est empéché par un ange. Bizarrement, c'est une fete festive puisque je reçois des mails me souhaitant un aïd moubarak (une joyeuse fête).

chroniques de Nuremberg - sacrifice d'Abraham


Un collegue m'apprend, sans préciser plus avant, que cet aïd célebre le sacrifice du fils d'Abraham. Wikipédia, toujours utile, précise que pour l'Islam, il s'agit d'Ismaël et non d'Isaac comme le veut la tradition judéochrétienne.

Quelle importance, au fond, me demanderez-vous, puisque de toute façon, le fils en question a survécu.

J'imagine que fondamentale : les bédouins de la Mecque se voient descendants d'Ismaël, chassé dans le désert, avec sa mere par Sarah, soucieuse de défendre les prérogatives de son fils légitime ; et Dieu, au moment du sacrifice, renoue avec le fils l'Alliance qu'il a proposé au père quelques années auparavant.


C'est intéressant, au fond, cette mythologie du sacri-fils et son importance centrale dans les religions. Elle est partout et partout centrale. Zeus qui survit à Chronos qui dévore ses enfants, Œdipe qui survit au plan de son père de le faire mourir, Isaac (ou Ismaël) qui survit a Abraham (la commémoration de cette échappée-belle donne la plus importantes fêtes du judaïsme et de l'islam avec respectivement Roch Hachana et l'Aïd el-Kébir), Jésus de Nazareth, sacrifié selon le plan d'une chronique de la mort annoncée, célebrée par les chrétiens a Pâques qui représente pour le christianisme aussi la fête la plus importante).


Ça n'est pas le meme fils que nous célebrons les uns et les autres, mais c'est exactement le même immuable mythe.


Celui du père terrible.


Tous les fils du monothéisme se réjouissent d'avoir survécu au bras vengeur du pere.


Il n'est pas nécessaire d'être grand-prêtre pour reconnaître la marque centrale du complexe d'Œdipe imprimée au cœur de nos religions. La peur panique du père castrateur. Et la joie festive de s'en etre sortis indemnes.


Aïd moubarak !

Publié dans Chronique dubaïote

Commenter cet article

Marie 07/12/2008 20:17

Tu ne manqueras pas de différencier les "Marie" qui te visitent et l'immortalité n'est garantie à personne, descendance ou pas. Maintenant, nou sachant tous mortels un peu d'espérance que quelque chose nous survive n'est pas pour déplaire. Postérité quand tu nous tiens !

remi 09/12/2008 05:55


:-)


Marie 18/12/2007 13:36

Cette fois par Bloglines ... j'ai bien fait de revenir !Il me semble que l'enfant-fils soit pour l'homme un gage d'immortalité, c'est ainsi que je l'ai compris au travers de mes lectures, je n'ai pas posé la question de savoir s'il en était de même pour une fille .... Si l'enfant déçoit le père, il le supprime ou tente de le faire, donc il se prive par là même de son immortalité. Il va falloir que j'éclaircisse tout ça et ma pensée en particulier.

remi 19/12/2007 14:21

Je ne me place pas du point de vue du pere (qui est clair et tu l'exprimes bien) mais de celui du fils et de sa joie d'avoir survécu et de vivre.

lalige 18/12/2007 08:44

ciel, Rémi est structualiste , il parle comme Claude LEVI STRAUS et comme René GIRARD (la vilence et le sacré)