Le commerce du sexe

Publié le par remi

stripteaseuse dématant son pole de danse a force de pirouettes olé-olé

C'est un sujet fascinant. J'en ai déja parlé dans les pages de ce blog. L'imbrication* de l'économie et du sexe.
* j'ai failli écrire un autre mot.

Steven D. Levitt, dont j'ai adoré et promu le livre Freakonomics des sa sortie, publie, avec Sudhir Venkatesh, une étude sur l'industrie de la prostitution trottoiresque (An Empirical Analysis of Street-Level Prostitution).
On peut compter sur l'ironie de l'auteur : "les prostituées ont plus de probabilité de 'monter' avec un policier que de se faire arreter par l'un d'entre eux." Les arrestations ont lieu dans 0,3% des rues de la ville de Chicago (ou se déroule son enquete), la concentration du business est nécessaire pour que l'offre rencontre la demande sans trop d'ambigüité ni de plaintes. La rémunération est élevée mais les risques aussi : l'usage du préservatif est l'exception plus que la norme et les atteintes physiques fréquentes sans compter l'opprobe sociale.

Les prix, c'est a dire l'adaptation de l'offre a la demande, sont flexibles et fonction du revenu du client (tel que perçu par l'offreuse de services) qui systématiquement demande au client blanc de faire une offre de prix (qu'elle peut refuser si elle le trouve trop basse ou négocier) mais propose son tarif au client afro-américain.
Il y a une surprime pour les actes a risque mais pas aussi élevée que ce a quoi on s'attendrait rationnellement (mais - comme le souligne l'auteur perfidement - les banques hypothécaires aussi ont récemment  été atteintes d'une grave myopie aux risques des prets immobiliers fait les frais, avec les résultats catastrophiques que nous connaissons aujourd'hui).
La beauté de la pute (telle que subjectivement perçue par l'économiste enqueteur) a peu ou pas d'impact sur le prix demandé (ou offert).

Le prix s'adapte aussi aux variations de la demande. Lors des festivités du quatre juillet, le quartier chaud de Chicago, connait un regain de fréquentation : + 60%, mais seulement + 30% en terme de prix parce que l'offre de service de la πόρνη (pornée c'est le joli mot grec) est - c'est le jargon des économistes - élastique (j'adore cet adjectif dans ce contexte).

LA découverte de cette étude (pour la plupart des économistes qui sont néophytes graves en la matiere), est qu'une péripapéticienne fait plus de profit lorsqu'elle a un maquereau. Il sert de police d'assurance en écartant la police, la prédation des autres gangs, les atteintes physiques des clients violents, etc. Le maquereau permet de travailler mieux et moins pour plus de profits finaux (apres la commission perçue par le maquereau).

Publié dans Homo oeconomicus

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VS 25/01/2008 23:38

Travailler moins pour gagner plus? Tu crois que Carla va apprendre à N. comment être un bon mac?
(Bon OK, je sors).

remi 26/01/2008 16:28

Ça marche hélas dans l'autre sens : c'est seulement s'il est bon qu'elle (et nous) allons pouvoir gagner plus.;-)