craspouillot janséniste

Publié le par remi

Le groupe auquel appartient (en joint-venture avec une agence française spécialiste de la publicité et des médias) la boite ou je travaille est spécialisé dans le luxe.

L'invitation au séminaire de deux jours a Abou Dhabi précisait :

dress code: smart casual

Ce qui pour moi veut dire :

Faites ce que vous voulez mais de grace évitez les jeans et les shorts.

Je suis arrivé en pantalon de toile écru, ceinture Paul Smith, chemise a carreaux bleu marine sur rayures écrues. Je me trouvais élégant. J'ai débarqué - tres en retard, un reporting m'avait coincé le samedi aprémidi au bureau - sur une terrasse bourée de cadre en costume sombre et chemise décontractée par l'absence de cravate et un bouton ouvert.

Merde, pensai-je, je suis pas du tout dans la note pour mon premier séminaire Bouhlach'... C'est pas smart casual mais business casual qu'ils voulaient dire...
J'étais géné. C'est con d'etre géné pour si peu. Je repensais a mon pere qui se fout de son habillement : cela ne le génait pas d'aller directement de ses vignes a une réception a la mairie de Metz, habillé d'un pantalon de velours cotelé, taché et usé, d'une veste assortie (taches et usure comprises), de godasses boueuses. Je ne sais plus qui a lancé l'expression (maman ? Maryse ?), il appelait cela son style craspouillot janséniste.

J'ai toujours adoré cette expression et ce qu'elle représentait pour moi : la liberté d'un homme qui se fout des carcans vestimentaires qu'impose la bourgeoisie.

Il me citait en exemple son propre pere qui allait en short a la messe, en été. Le curé était furieux et lui faisait des remontrances mais mon grand-pere André le remettait a sa place : c'est adorer Dieu qui compte, pas l'habit.

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Bastogi 19/02/2008 11:56

Je serais plutôt cynique (dans le sens philosophique du terme) en ce qui concerne l’apparence physique : je me fous de ce que les autres pensent et je ne « m’habille » pas, je me « vêtis »…Cependant, il y a certaines règles qui se sont imposées d’elles-mêmes dans notre société et, même si c’est idiot, je comprends tout à fait ta gêne : je me vois mal arriver à un mariage en survêt’ et mal rasé à un entretien d’embauche…