Méthylène du fond des ages

Publié le par remi

Alexandre retrouve ma trace grace a Facebook. C'est un ami d'enfance, il etait en classe avec ma soeur Mana a la Miséricorde. Nos famille respectives se connaissent depuis la génération de nos grands-peres. Une de ses geniales tantes a presque épousé un des mes oncles mais je me trompe peut-etre.

C'est grace a Aude, je crois, qu'on s'étaient retrouvés a Prague en 94. A l'époque, j'écrivais une chronique hebdomadaire, Minuly tyden, la Semaine derniere, dont il reste des traces dans l'intitulé de l'une des catégories de ce blog. J'envoyais, semaine apres semaine, une ou deux pages de chronique aux amis, a la famille. Les premieres ont été envoyées par la poste ou par fax. C'était l'époque antédiluvienne d'avant le mail. Apres je suis passé au mail. Et puis au blog.

Alexandre avait copié la formule de Minuly tyden, rebaptisée dans un francais phonetique Méta-méthylène. Il y m'écrivait :

Méthylène fait peur. Malgré ses règles. Exercices littéraires, mon cul. T’as qu’à écrire des romans, des lettres d’amour. Alors tu seras plus près du bavardage d’Etchegoyen [1].

Mais quand même, je tiens à te dire, Rémi, bravo de l’écrire ce papier. Quand tout le monde se tait en grognant parce qu’ils ont la même lettre que les autres, toi tu communiques. Tu racontes ce que tu vois et ce qui te fait vibrer. Ça n’a pas de prix et ça mérite tous les encouragements. Car ça fait un bien fou de savoir que tu as fait l’amour sous la douche un dimanche matin ou que tu as été sensible à un graffiti dans les chiottes d’un bar. D’avoir des nouvelles d’ailleurs, quelques mots de Tchèquie. Continue. Il est tard quand il nous faudra assumer la solitude.

A plus de dix ans de distance, Alexandre, retrouvé sur Facebook, me renvoie ces lignes et, a dix ans de distance, je retrouve le chaud au coeur que j'avais ressenti alors en le lisant. Oui, écrire dans le vague d'un lectorat anonyme (Minuly tyden ou blog Il faut etre heureux) énerve les proches qui aimeraient recevoir quelque chose de plus perso, de plus ciblé. Gaspard, revu a Paris, me le rappelait. Quand j'écrivais Minuly tyden, mes lecteurs voulait une lettre perso, quand je blogue, mes cousins veulent un Minuly tyden dans leur inbox.

Comme ces encouragements d'Alexandre, un mail de Vehesse - me disant que ce blog avant changé, sinon sa vie, du moins sa perception de la vie - m'a récemment profondement ému.

écrire sert a ca, comme le dit Alexandre : "faire un bien fou". C'est vrai de l'auteur, si c'est vrai aussi de toi, lecteur, alors c'est encore mieux.


[1] mon prof de philosophie en prépa HEC a Louis-le-Grand, un intellectuel qui a profondément influencé ma facon de penser.

Publié dans Chronique pragoise

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VS 29/02/2008 08:53

Je confirme, je confirme. D'ailleurs je te dois un autre mail (demain c'est les vacances).