Lundi 7 avril 1 07 /04 /Avr 11:20

J'ai toujours aimé les photos de famille. Au détour d'une recherche par mot-clé, je tombe sur cette photo qui me fascine par ce qu'elle dit sans dire.

.L'image est issue de wikicommons (cliquez dessus) - sa légende précise qu'il s'agit d'une famille nombreuse (extended family) américaine typique (typical).

On sent le fascisme iconographique : la bisaieule dans sa robe a fleurs bleues est la matriarche d'un clan et la seule à ne pas porter l'uniforme qui consiste en un polo ou un ticheurte de couleur unie et d'un pantalon ou d'une jupe beige, couleur neutre qui fait ressortir la symbolique des couleurs des hauts.

Sa fille, en noire, à coté d'elle, est la véritable matrone du groupe si l'on en croit son air autoritaire et intelligent, son langage corporel (ah ce poing fermé posé sur la cuisse ! une vraie pose de général en campagne !) et, c'est un détail mais chaque détail a son importance dans cette photo soigneusement mise en scène, sa position : elle recouvre en partie, de sa masse corporelle, la présence de sa mère partiellement cachée et elle occupe la position la plus centrale dans cette photo symétriquement agencée.

Le reste se déduit aussi de lui-même. Si la bisaieule a eu d'autres enfants, ils ne sont pas invités dans le cadre de cette photo qui est une célebration de la matrone en noire. Ses cinq ou six enfants et leur descendance sont soigneusement et chromatiquement catégorisés : bleus, rouges, jaunes, oranges, verts et les moutons noirs. Dans la catégorie moutons noirs, il y a le mari et sa nouvelle femme, un peu parias, mais ce statut ne semble pas les géner, ils ont l'air heureux dans cette frange marginalisée, à la gauche du groupe (et la droite de la photo). L'autre mouton noir est moins visible. Sa tête est cachée au dernier rang entre les bleus et les rouges. Il est de toute évidence trop agé pour être le rejeton contestataire de M. Rouge ou de M. Bleu. J'y vois le benjamin pédé de la fratrie, ni tout à fait ostracisé dans cette Amérique moyenne, ni tout à fait à son aise dans le cadre de cette célébration de la fécondité matrimoniale. Fifils à sa maman, comme le mari divorcé et remarié, il porte les couleurs de la matrone.

A propos, on remarquera la valorisation de la féminité (fécondité, fertilité) : les femmes sont toujours devant leur mari et on sait combien les places avant sont valorisées par la symbolique iconographique.

Le comptable que je suis note que le boom générationnel se stabilise en n+2, chacun des petits enfants de la bisaieule a entre trois ou deux enfants.

Ça en dit des choses, hein ?, une simple photo...

Par remi - Publié dans : Visuels visionnaires
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