Du postcommunisme à l'anarchocapitalisme

Publié le par remi

Une des raisons qui m'avait décidé à aller à Prague, en 1992, c'était l'envie d'être le témoin de la transformation, du passage, d'une économie dirigée, totalitaire en une économie de marché.

Autant dire que j'ai énormément appris. À l'époque, le thatchérien Klaus était aux manettes du ministère de l'Économie et professait un foi aveugle dans la main invisible du marché et du libéralisme qui allait tout résoudre. Dans les faits, et comme je le souligne dans l'article sur l'économie tchèque de Wikipédia, c'est un énorme processus législatif qui se met en place pour réguler cette transition. Les scandales, les détournements de "capitalistes" peu scrupuleux, sont fait, surtout au début, en l'absence de loi adéquate qui controle les mécanismes d'échange et de propriété.

Jeudi soir, je dinais avec Jin et le dean de la British University of Dubai qui me brosse un portrait peu flatteur du système éducatif aux Émirats. Cent-vingt-six universités (toutes privées ! même la Sorbonne d'Abu Dhabi l'est à un titre ou un autre) pour quatre millions d'habitants dont la plupart sont des jeunes actifs déjà diplomés de leurs pays respectifs... Une gabegie de moyens. Les Émiratis rechignent à étudier quoi que ce soit qui ne leur donne pas le titre de manager. Cela laisse des pans entiers de l'économie non-pourvue en personnes qualifiées dans le domaine de... l'enseignement, de la santé, de la fonction publique aussi.

En l'écoutant parler, je me dis - ce que je me suis déjà mentalement dit - que je vis dans le modèle in-vitro de l'anarchocapitalisme où l'État (ce qui lui en tient lieu) est aux mains d'un hypercapitaliste, richissime investisseur cherchant à valoriser son émirat en général et le développement immobilier en particulier, les lois sont faites en fonction de ses intérêts (même celles qui protègent la propriété privée des étrangers : elles servent, en ce cas particulier, à garantir qu'un volant de riches investisseurs se voient suffisamment rassurés pour réinvestir dans Dubaï même, leurs dollars, leurs euros ou leurs roubles).

Publié dans Homo oeconomicus

Commenter cet article

lalige 23/06/2008 20:24

c'est passionnant ton textepas forcement rassurant mais ce n'est pas toi qui fait l'histoire  des Emirats Arabes Unistu devrais envoyer ce tete au monde pourquoi seuls, tes lecteurs te liraient ? PS qui n'a rien à voir ton portable semble "out"

remi 28/06/2008 16:55


mon tel etait effectivement out. ca remarche.