Famille

Publié le par remi

Je passais une large partie de mon samedi aprémidi avec M., un slovaque de 26 ans bossant dans les relations publiques et la conversation était des plus riches et des plus diverses. Il mentionne le fait que les langues slaves sont beaucoup plus riches en vocabulaires que les langues latines pour décrire les relations intra-familiales.

En francais par exemple, on utilise un mot composé (une périphrase) pour mentionner un « beau-pere » et encore, on reste dans le vague et le contexte doit aider, ou une autre périphrase doit préciser s'il s'agit du pere de mon épouse ou du second mari de ma mere.

La raison, suppute M. est que les Slaves ont vécu dans des structures claniques jusqu'à beaucoup plus récemment que les peuples latins et que préciser les relations de parentele était beaucoup plus nécessaire. La langue hongroise a meme été jusqu'à conserver des mots différents pour « petit frere » et « grand frere », « petite soeur » et « grande soeur ».

Passage en revue des membres de la famille en tcheque (sans la diacritique qui peut mal passer a la lecture sur un ecran francais):

otec, matka: pere, mere
syn, dcera: fils, fille
bratr: frere; bratrance: cousin
sestra: soeur; sestrenice: cousin
sourozenec: membre de la fratrie (mot-a-mot né-avec)
stryc, teta: oncle, tante
deda: grand pere
babicka: grand mere
tchan, tchyne: beau pere, belle mere (parents de mon conjoint)
zet, snacha: gendre, bru
macecha, otcim: beau pere, belle mere (conjoint de mon parent)
pastorek, pastorkyne: beau fils, belle fille (enfant de mon conjoint, mais aussi enfant adoptif)
svat, svatka: pere ou mere du conjoint de mon enfant (soit: si ma soeur Marie a epouser Robin Parker, Monsieur Parker Sr est le « svat » de mon pere, et Mme Parker est la « svatka » de ma mere)

Et en hongrois:

öcs: frere cadet
baty: frere ainé
hug: soeur cadette
növér: soeur ainée

 

Post scriptum: je dédie ce post a mon cousin Matthieu qui vient de m'écrire la plus charmante lettre qui soit pour accompagner le faire-part de la naissance de son fils Philippe.

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A
<br /> D’habitude on est plus proche des oncles et tantes du coté maternel (ce qui est mon cas par exemple). Il y a un proverbe égyptien qui dit : L’oncle (maternel) est un père. <br /> Le niveau de détail de la description du lien de parenté dans la langue arabe est important, et je pense que c’est lié à sa structure familiale très soudée. Il était normal dans le temps de voir vivre ensemble les 3 générations de la même famille, donc pour la communication intra-familiale le degré de précision devait être trés élevé pour éviter la confusion. Cousin – Cousine et Neveu – Nièce ce dit : fils – fille de mon oncle/tante (coté paternel ou maternel) et fils – fille de mon frère/sœur.<br /> <br /> Il faut rajouter a cela les destinations locales, puisque dans chaque pays du monde arabe on parle un dialecte différent, ce qui donne lieu a des mots spécifiques a chaque région liée a sa structure sociale ou familiale.<br /> Ah, il y a aussi un mot pour désigner l’autre femme de son mari : Dorra ;-)<br />
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R
ah bah oui, j'oubliais - la polygamie engendre une autre structure de la famille que celle (dite mononucleaire) a laquelle on est habituee au nord de la mediterranee...<br /> quand la mere mourrait (en couches, par exemple), la ou les 'dorra' peuvent prendre la releve pour assurer l'education de l'enfant...si le pere mourrait (a la bataille, par exemple), c'est l'oncle maternel qui prenait la releve et chaque 'dora' reintegrait le giron de leur famille d'origine. c'est ca?<br /> un truc qui m'a toujours fascine, c'est le levirat - l'obligation biblique pour le frere du mari decede d'epouser la femme devenue veuve. Cette obligation est tombee en desuetude (et peut etre opposee comme tant d'autre imperatifs bibliques a ceux qui se referent a la Bible pour condamner l'homosexualite - "mais si tu ne suis pas TOUTES les obligations et les prescriptions bibliques, pourquoi CHOISIS-tu de promouvoir l'abomination de l'homosexualite?) - et donc le levirat a aussi ete abandonne par le monde musulman au profit de la reintegration de la femme veuve dans le giron de sa famille 'a elle' (par opposition a celle du mari, via le frere)
P
Petite mais essentielle precisions au sujet de maceha et otcim: j'ai trouve la liste complete des mots japonais: yoofu = beau-pere (paratre, donc) et yooba, ou mamahaha = belle-mere (donc, maratre).Je suis convaincu qu'il doit exister en japonais des mots pour "parternel" et "maternel", car il est a peu pres certain que ces oncles et tantes, voire probablement grands-peres et grans-meres, n'ont certainement pas le meme statut. C'est probablement vrai aussi pour les temes "belle-mere" et "beau-pere", car la mere de l'epoux (qui est tout, et a une autorite de fer sur sa bru) a un statut sans comparaison possible avec la mere de l'epouse (qui n'est rien).
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A
<br /> La langue a pour but d’exprimer et de décrir les éléments de notre vie quotidienne. Dans la liste que tu as dressé, il y a un élément qui m’a toujours perturbé, c’est Oncle et Tante. En arabe, il y a un mot pour désigner : Oncle et Tante du coté maternel (Khal et Khala) et Oncle et Tante du coté paternel (Aam et Aamma). Et chaque fois que je parle de "mon oncle" ou "ma tante" en français, je ressens toujours un manque dans l’information véhiculée a travers ces deux désignations et du coût je rajoute toujours la précision "du coté paternel ou maternel".<br />
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R
merci de cette info. est-ce que je peux te demander de preciser l'aspect sociologique de la difference des mots oncle paternel ou maternel ou tante paternelle ou maternelle.<br /> les 'obligations', les 'relations' sont differentes d'un cote ou de l'autre de la famille?
P
Tu as raison, ca n'a rien a voir avec le divorce. Je vais chercher... mais j'abats deux cartes maitresses dans le debat: marâtre et parâtre, qui ne sonnent pas tres joli, mais qui disent exactement la meme chose que maceha et otcim.  Accuser le francais, langue precise s'il en est, c'est aller un peu vite en besogne, mon ami... vous me surprenez.
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R
je pensais aussi a paratre et maratre...<br /> je retire mes accusations...
P
Je suis sur que tu seras interesse par un echo japonais a ta petite liste:otec, matka: pere, mere -> tchitchi, hahasyn, dcera: fils, fille -> musuko, musumebratr: frere;  -> ani: grand frere, otooto: petit frerebratrance: cousin -> itokosestra: soeur;  -> ane: grande soeur, imooto: petite soeursestrenice: cousine -> itokosourozenec: membre de la fratrie (mot-a-mot né-avec) -> kyoodaistryc, teta: oncle, tante -> ojisan, obasandeda: grand pere -> ojiisanbabicka: grand mere -> obaasantchan, tchyne: beau pere, belle mere (parents de mon conjoint) -> giri no tchitchi (pere en dette) giri no haha (mere en dette)zet, snacha: beau fils, belle fille (conjoint de mon enfant) -> giri no musuko, giri no musumemacecha, otcim: beau pere, belle mere (conjoint de mon parent) -> ca, je ne sais pas... le divorce n'est pas frequent !pastorek, pastorkyne: beau fils, belle fille (enfant de mon conjoint, mais aussi enfant adoptif) -> no se tanpocosvat, svatka: pere ou mere du conjoint de mon enfant (soit: si ma soeur Marie a epouser Robin Parker, Monsieur Parker Sr est le « svat » de mon pere, et Mme Parker est la « svatka » de ma mere) -> en francais, on disait compere et commere; en japonais, ces gens la ne sont RIEN, car le mariage, loin de creer un clan, exclut la mariee de sa propre famille.Curieusement, le mot itoko (cousin, cousine) signifie aussi neveu ou niece (tandis que grand-pere et oncle sont tres similaires). Alors qu'en roumain, ce sont neuveu et petit-fils qui sont confondus (alors que grand-pere et oncle sont bien distincts).a noter: tous ces noms, utilises pour parler de sa popre famille, sont doubles d'une version polie, qui permet d'evoquer le parent d'un interlocuteur ou d'un tiers. c'est pratique dans une langue qui omet quasi exclusivement le sujet des phrases et qui n'a ni genre ni nombre.En quelques mots, on trouve:- le mariage comme echange materiel entre deux familles distinctes- la dette morale et materielle d'un conjoint vis a vis de la famille de son epoux- la hierarchie au sein des fratries- la notion d'interieur et d'exterieur, structurante dans les societes est-asiatiques et tout particulierement au Japon.
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R
tres interessant, en effet!<br /> merci pour 'compere' et 'commere' que j'avais oublie, de meme que j'ai oublie 'gendre' et 'bru' ce qui tend a prouver que le francais est tout aussi precis (ou peut l'etre), tout aussi economique (un mot au lieu d'une periphrase) que le slave.<br /> en ce qui concerne 'macecha' et 'otcim' (beau-pere et belle-mere), ca n'est pas une question de divorce mais dans des societes guerrieres (et le Japon n'a pas fait exception a la regle), dans des societes fragilisees par les epidemies et les famines, la recomposition des familles etait un fait de societe - cherche encore! ;-)