À bas la banque

Publié le par remi

Je suis tombé à terre
c'est la faute aux banquières,
le cul dans le ruisseau
à cause des CDO...

slogan des néo-Gavroches au moment de la crise de 2007-2009

 

Le Monde publie un éditorial économique de Hugo Dixon* parfaitement faux, Non, le capitalisme n'est pas responsable de la crise financière, qui tape à bras raccourcis sur les banquières et les banquiers.

 

Au risque de me répéter, il faut corriger les attaques de ce petit pamphlet vitriolique qui demande aux manifestants anticapitalistes du G20, de taper sur la banque, pas sur le capitalisme et qui affirme que cette crise est une crise financière, pas une crise globale du capitalisme.

 

Le fait est que nous sommes, comme l'a expliqué Hyman Minsky, dans un schéma classique et connu des cycles économiques en économie de marché que l'on peut découper en trois phases :

 

1. On emprunte juste ce dont on a besoin.

 

2. Les investissement réalisés rapportant plus que ce à quoi l'on s'attendait, on s'endette pour investir en jouant sur l'effet de levier. Si nombre d'investisseurs font de même, les investissement gagnent en valeur du fait même de l'achat à crédit.

 

3. On anticipe la hausse du prix des actifs dans ce qu'on emprunte, on hypothèque à tout va pour participer à ce qui est devenu une grande loterie où tout le monde est gagnant...

 

... jusqu'à ce qu'arrive ce que les économistes appellent le moment de Minsky (Minsky moment) qui voit l'effondrement du prix des actifs, le surendettement des acteurs économiques, la récession bilancielle qui réenclenche la phase 1 du cycle.

 

À se tromper de diagnostic, on se condamne à ne pas apporter les bonnes réponses et à répéter les erreurs du passé...

 


 

* J'imagine sans pouvoir vérifier, la traduction de World faces crisis of finance, not capitalism, sur breakingviews.com.

Publié dans Homo oeconomicus

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Phzilffkippwwse 10/04/2009 22:52

Il semblerait que Monsieur Dixon ne soit pas le seul a penser que les banques n'y sont pas pour rien. Mais on pourrait dire pour etre plus juste que l'evolution des banques, qui a favorise le desastre, participait de l'engrenage de la cupidite et de l'illusion que tu decrits comme inherente au capitalisme.Voici donc l'avis de Paul Krugman, qui n'est pas la moitie d'un con: http://www.nytimes.com/2009/04/10/opinion/10krugman.html?_r=1Qu'on ne me sous-mesestime pas (comme dirait W): les mecanismes auto-destructeurs du capitalisme n'effacent en rien ceux, differents mais tout aussi desastreux, du communisme.Lisons Amartya Sen.

eMira 08/04/2009 18:56

Tu as très probablement raison, mais je n'y comprends pas grand'chose ! sauf à emprunter juste ce dont on a besoin, mais, individuellement, quand on ne dépense pas plus que nos revenus, nous n'avons pas besoin d'emprunter ...