L'Europe et le mythe de l'Occident

Publié le par remi

 

De Georges Corm, j'avais dévoré et adoré Le Proche-Orient éclaté que toute personne qui désire comprendre la région se doit de lire.

 

Je reste en revanche un peu sur ma faim avec L'Europe et le mythe de l'Occident, son dernier ouvrage et cadeau de maman : « pour Rémi qui veut construire une vie heureuse en Europe, bon anniversaire ! »

 

Je suis resté sur ma faim...

 

Le chapitre central du livre De Mozart à Hitler, que s'est-il passé ? présente un bizarre parallèlisme entre le niveau de la civilisation européenne et celle de sa musique. Pourquoi pas, au fond, mais je ne souscris pas, mais alors pas du tout, sur le constat de décadence musicale européenne à partir de l'abandon de l'harmonie classique.

 

De mes conversations avec Fédérico, Adam et Will, mes amis mélomanes, de mes fréquentations du blog de Zvezdoliki et plus récemment de celui de Papageno (lisez tous les posts de sa catégorie théorie musicale, en particulier le très instructif L'erreur de Schönberg et celui sur « La foi et la tonalité dans la musique occidentale » : Croyez-vous en Dieu ?), j'ai compris l'ADN de la créativité musicale occidentale : loin d'une décadence, il s'agit d'une révision des codes, d'une exploration des limites de la créativité.

 

- identique, au fond, à ce qui se passe en peinture avec toutes les avant-gardes : cubisme, fauvisme, expressionnisme, abstraction, arte povera, etc., etc., etc.

 

- identique, au fond, à cette seconde révolution scientifique qui de la géométrie non-euclidienne au quantisme remet en cause les fondements établis de la science antique et de celle issue de la révolution copernicienne et newtonienne.

 

Le dernier chapitre, Où va l'Europe dans les affaires du monde ? dénonce l'allignement atlantiste de l'Europe perçue comme inféodée aux États-Unis. Certes, l'Otan a survécu a la chute du mur et nombre d'États européens ont suivi les États-Unis en Irak ou ailleurs. Personnellement, je pense qu'après avoir exporté les idéologies du XIXe (démocratie parlementaire, communisme) et du XXe siècle (fascisme, nazisme, keynesianisme, néolibéralisme, etc.), l'Europe reste un pôle exportateur d'idéal politique fort : sous forme de club politique qui se cherche, se fond, s'intègre, s'unifie dans un respect mutuel de ses différences culturelles, la CEE / UE est un modèle copié ailleurs. L'expérience de l'euro sert de paradigme pour la future monnaie des États du Golfe. Certes, ce modèle européen est mou, peu mobilisateur (il n'est qu'à voir le peu d'enthousiasme pour les élections européennes) mais sera LE modèle politique du XXIe siècle...

 

Publié dans Notes de lectures

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