Le procès casse-gueule contre la scientologie

Publié le par remi

Remisons un instant nos préjugés laïcs et nos convictions religieuseset posons-nous la question : "au nom de quoi condamner l'Église de scientologie ?"

 

On lui fait un procès pour escroquerie. Avec en toile de fond, la question de la manipulation mentale.

 

Demande-t-on à l'Église catholique, au rabbin, à l'imam d'apporter les preuves de l'existence de Dieu (et incidemment de Sa toute-puissance bienveillante, de Son ubiqüité), du pouvoir intercesseur des saints ? Y'a-t-il escroquerie quand il faut payer un écot pour une messe de baptême, mariage, d'enterrement, de commémoration de la mémoire d'un défunt ? Y'a-t-il manipulation mentale quand on récolte des fidèles, fragilisés par le sentiment profond et immarcessible de la finitude misérable de leur existence, la dîme ou la zakat, en échange d'un message de rédemption ? Pourquoi en irait-il autrement de la scientologie ?

 

De deux choses l'une : soit on juge le religieux. Or, comme Le Monde le rapporte :

 

Dans un réquisitoire de quatre heures, le procureur Maud Coujard a estimé que l'argument concernant la nature religieuse de la Scientologie n'avait pas sa place dans un tribunal. "Religion prétendue ou réelle, ce n'est pas le lieu d'en débattre. Le fait religieux pas plus que le mobile religieux ne constitue une justification en droit pénal", a-t-elle dit.

 

Donc pas touche !

 

Soit on tente de rester dans le rationnel et on juge le résultat. Mais là encore, c'est un exercice d'équilibrisme juridique. Va-t-on reprocher à l'École de la cause freudienne de prétendre faire aller mieux ceux qui vont mal, sont fragiles psychiquement, prêts à débourser ce qui représente parfois pour eux une fortune et qui commencent une psychanalyse ? Sans garantie de résultats.

 

Non. On ne peut pas prendre cet angle là.

 

Reste donc l'escroquerie, l'absence de résultats connue des scientologues, c'est à dire que la justice doit démontrer que les scientologues savaient que leurs « cours de réparation de vie » étaient un placébo mental et qu'ils les fourguaient dans le seul but de s'enrichir personnellement.

 

Autant l'escroquerie purement financière (cavalerie, vente pyramidale, Enron, Madoff, etc.) reste facile à démontrer, autant ici, au mental, la planche est savonnée.

 

Attendons le délibéré du tribunal.

 

 

 

 

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