Indépendance sous contrôle

Publié le par remi

La droite française est colbertiste et anticapitaliste.

 

Dans les pages saumons du Figaro, je bondis à la lecture des propositions (je résume : réguler, contrôler, imposer, maitriser) de l'UMP par la voix d'Éric Besson et de Frédéric Lefebvre.

 

Nous voulons donner aux administrateurs indépendants qui remplissent une fonction essentielle, un vrai statut. Ce métier, car c'en est un, devrait être régi par un code de déontologie et supervisé par un organe de contrôle.

 

Je me demande si M. Lefebvre est conscient de l'énormité de sa proposition : faire des administrateurs indépendants des administrateurs contrôlés...

 

Je déteste l'économie politique dogmatique. Notre hyperprésident avait lancé le dogme du partage de la valeur ajoutée (concept marxiste, mais passons...) en trois tiers : salariés, actionnaires et entreprise elle-même (réinvestissement dans le futur).

 

Le problème, c'est que le "partage de la richesse" - qiuestion cruciale - est mal posée par le président et suivie aveuglément par ses thuriféraires. Frédéric Lefebvre, à une question (piège à mon sens) du dogme présidentiel, répond que oui, que mise en place de "feuille de paie vérité" (du grand n'importe nawak pour jeter les os de l'injustice salariale entre hauts et bas salaires avec les eaux de l'agitprop syndicale :

 

chacun saura ce qu'il touche au nom de la performance collective et pourra la comparer à ce que les autres entreprises de son secteur versent à leurs salariés

 

- d'expérience, je sais que le problème n'est pas à combien s'élève l'intéressement global mais qui le touche (allez ! 50 % pour le conseil de direction et les 50 % restants pour les quatre-cent-vingt-sept salariès !)

- d'exprérience, je sais que les comparaisons salariales intersectorielles sont impossible et avant d'obtenir une fiche de paie vérité, il faudrait - attachez vos ceintures - que les entreprises d'un secteur coopèrent pour se dire combien chacune va verser...

 

En fonction de ce que l'on veut penser, on lira cet article qui explique que 75 % du résultat après impôt mais avant intéressement et amortissement (bonjour les retraitements arbitraires !) va à l'actionnaire. Sinon, on lira le blog d'un économiste qui explique Déchiffrages à l'appui que c'est une énormité, une bévue.

 

Je me suis passionné pour le blog La Refondation du capitalisme :

Du Partage de la richesse (1) fait l'historique du problème

Du Partage de la richesse (2) pose les bases du problème comptable et statistique

Du Partage de la richesse (3) écrase élégamment les arguments d'un adversaire

etc. L'analyse est passionnante et instruite, jamais dogmatique, toujours étayée de chiffres (dont on aimerait avoir la source...), jusque Du partage de la richesse (12) qui explique l'évolution des inégalités de richesses sur le long-terme entre US, UK, France, Allemagne et Suède.

 

Je résume : la France n'est pas si inégale que cela. Le problème est donc ailleurs.

 

Doit-on mettre en doute les compétences économiques des équipes dirigeantes de l'UMP et des conseillers présidentiels ?

Publié dans Homo oeconomicus

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