Non a la sinistrose

Publié le par remi

J'avais poussé un coup de gueule vachard contre le livre de cet économiste du Monde qui publiait un bouquin plein d'approximation et de raccourcis glissants.

Les éditoriaux du Monde ne sont pas signés mais je soupconne le meme auteur et ses affirmations a l'emporte-piece.

- de quoi parle-t-on? De baisse dramatique des dépenses de R&D ! On en fait un gros titre. Et puis on affirme benoitement dans l'article que "ces chiffres, arrêtés en 2004, ne tiennent pas compte de la reprise des investissements de recherche par les entreprises européennes, observée en 2005"

- exemple type de démonstration a la con : en se basant sur un écart de taux de croissance "a l'instant T", on prédit que la Chine aura dépassé l'Europe "dans dix ans". Ceci dit, c'est facile d'augmenter un budget de 10% quand on part de pas grand chose (la Chine) et c'est tout sauf garanti que c'est soutenable par le gouvernement chinois pendant une décennie.

- le libéral que je suis se porte en faux contre la démonstration sous-entendue que les États européens doivent "faire plus d'efforts". C'est pas augmenter les budgets de CNRS et autre qu'il faut mais donner des crédits d'impots massifs (quite a comptabiliser le manque a gagner en "dépense" de R&D) pour les investissements réalisés par les individus - ca ne sont pas mes entrepreneurs favoris, Cedric et Adam, qui me contrediront.


 
Recherche et développement : l'Europe à la traîne

L'Europe n'a toujours pas donné le coup d'accélérateur nécessaire en recherche et développement (R & D) pour se maintenir dans la course de l'économie de la connaissance, selon l'édition 2006 des Perspectives de la science, de la technologie et de l'industrie, publiée, lundi 4 décembre, par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à la différence des Etats-Unis, et encore davantage de la Chine, dont la dépense en R & D sera supérieure à celle du Japon en 2006, selon les extrapolations de l'OCDE.

Globalement, pour l'ensemble des pays faisant partie de l'Organisation, " les perspectives d'une poursuite de la croissance des investissements dans la science, la technologie et l'innovation sont excellentes", estiment les auteurs du rapport. Mais les disparités d'un continent à l'autre sont considérables. L'écart continue de se creuser entre les Etats-Unis et l'Europe. Les dépenses de R&D ont augmenté en moyenne de 4 % par an entre 2002 et 2004 de l'autre côté de l'Atlantique, pour atteindre près de 313 milliards de dollars (235 milliards d'euros), contre 210 milliards de dollars, en 2004, dans l'Union européenne à vingt-cinq, une dépense en croissance presque deux fois moindre (+ 2,3 % entre 2000 et 2003).

Certes ces chiffres, arrêtés en 2004, ne tiennent pas compte de la reprise des investissements de recherche par les entreprises européennes, observée en 2005, en raison de la bonne conjoncture économique. Les dépenses de R&D des entreprises avaient alors augmenté de 5,3 % après avoir quasiment stagné en 2004 et régressé en 2003, selon Bruxelles. Mais comme ce résultat demeure inférieur à celui des Etats-Unis (+ 8,1 %), il ne remet pas en question le constat global à savoir que l'Europe accroît son retard vis-à-vis des Etats-Unis.

Plus que jamais, les objectifs de Lisbonne selon lesquels l'investissement européen en R & D devait atteindre 3 % du produit intérieur brut (PIB) apparaissent donc comme inatteignable. Ce taux, appelé aussi "intensité technologique", a même régressé en France, selon l'OCDE, passant de 2,28 % en 2003 à 2,16 % en 2004.

La question des effectifs de scientifiques est également préoccupante. Dès 2003, l'Union européenne avait tiré la sonnette d'alarme, en disant qu'il fallait que l'Europe compte 700 000 chercheurs de plus en 2010 pour atteindre les objectifs de Lisbonne. Cet objectif a peu de chance d'être atteint, en raison, essentiellement, du faible taux de chercheurs en entreprise dans les pays de l'Union. Et si, quantitativement, le secteur public fait un meilleur score, "l'inadaptation du système de formation qui produit des chercheurs en surabondance dans certaines filières et délaisse la formation de scientifiques dans des secteurs où il existe une forte demande, demeure", indique Mario Cervantes, économiste à l'OCDE.

En outre, accroître le nombre de chercheurs sans augmenter les budgets de recherche en conséquence est contre-productif. Or c'est ce que font certains pays, dont la France. Le dernier rapport Futuris sur La Recherche et l'Innovation en France (Odile Jacob) en fait la démonstration : entre 1997 et 2003, le nombre de chercheurs publics a augmenté de 1,6 % par an. Mais, simultanément, le budget scientifique par chercheur régressait de 1,9 %.

Or les besoins en chercheurs bien formés vont croissants. Car il faut non seulement remplacer ceux qui partent à la retraite - "40 % à 55 % des universitaires en Autriche, en France et en Suède ont plus de 55 ans", précise le rapport de l'OCDE. Mais aussi entretenir un vivier de talents pour attirer les centres de recherche d'entreprises étrangères. Selon l'étude de l'OCDE, l'existence de personnel de recherche qualifié est le premier critère pris en compte par les entreprises pour implanter un centre de recherche dans un pays de l'OCDE. Ce critère vient en seconde position, derrière le potentiel de croissance du pays, pour l'implantation dans un pays n'appartenant pas à l'Organisation, le coût n'arrivant qu'en sixième position.

Ce qui signifie aussi que les chercheurs bien formés ont encore plus d'opportunités de carrière en dehors de leur pays d'origine. Et pas seulement au sein des pays de l'OCDE. "Après la deuxième guerre mondiale, les chercheurs américains sont venus en nombre dans des laboratoires européens au Max Planck Institute, en Allemagne, ou au CNRS, en France. Maintenant, ils vont de préférence en Asie, en Chine, en particulier, où on leur offre de bonnes conditions pour travailler", explique M. Cervantes. Les chercheurs européens commencent à faire de même.

En poursuivant les extrapolations de l'OCDE, l'Europe dépensera moins, dans dix ans, en matière de R & D que la Chine.

Publié dans Homo oeconomicus

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