Oeil

Publié le par remi

Samedi soir, nous étions quatre nationalités et six* personnes a table. Frédéric et Rémi représentaient la France, Jan la Tchéquie, Jutka la Hongrie, Aurelia, la femme de Frédéric, et Petru, l'ami d'Adam représentaient eux la Moldavie. J'avais organisé ce diner pour mettre en contact Aurelia que je ne connaissais pas encore et que j'ai adorée et Petru qui étudie a Prague depuis octobre.

Au menu :
- salade Waldorf
- quiche lorraine
- choucroute alsacienne
- glace aux bisous (c'est ainsi que les Allemands et les Tcheques appellent les meringues)

Jusqu'a l'arrivée de Jan (qui travaille tard a Zlicin), le minimax** était le francais avec des conversations en parallele en roumain. Apres, on a switché a l'anglais avec beaucoup de francais et toujours du roumain. Grace a Aurelia, j'ai découvert les fascinantes superstitions coutumieres de la campagne moldave (et Petru a confirmé que tout le monde sait ca). L'une concerne le "retour au sein" : si un bébé est sevré mais que pour une raison ou pour une autre (il pleure trop fort et exige sa tétée préférée), il "retourne au sein", il portera le mauvais oeil et, en particulier, provoquer la mort ou la maladie de ce qu'il ou elle admirera dans sa vie adulte. Il faut éviter tout contact occulaire avec ces personnes (on peut leur adresser la parole mais sans les regarder dans les yeux et eux, doivent s'abstenir de regarder quiconque dans les yeux et de faire des compliments ou d'ad-mirer (a prendre dans son sens étymologique de regarder trop intensément) quoi que ce soit.

Il existe bien entendu des recours pour conjurer le sort jeté par le regard d'une personne affectée du "retour de lait", chaque village a sa vieille fée ou sorciere qui connait les incantations magiques pour y remédier...

On peut faire un bon scénario de film d'horreur avec cette superstition venue du fond des ages.

* sans compter le petit Alexandre, deux mois, qui nous souriait depuis son berceau. trop mignon.
** le minimax est soit un algorithme développé par John von Neumann pour aider a la prise de décision, soit une définition linguistique : c'est le langage le moins (mini) bien parlé par un maximum de personnes qui doivent communiquer. Si autours d'une table de négociation, tout le monde parle mal l'anglais et si toutes les personnes parlent parfaitement francais sauf une qui ne le comprend pas du tout, l'anglais a toutes les chances pour devenir le minimax de la communication.

Publié dans Chronique pragoise

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