Quand on est jeune c'est pour la vie

Publié le par remi

J'ai deux vieilles voisines a l'étage. L'une que j'adore et qui m'adore et que l'on retrouve dans quelques uns des posts de ce blog, l'autre qui me guette et me crie dessus parce que je "claque" la porte trop fort et qui, comme le disait Jan récemment, n'a rien d'autre a faire que d'em**der le monde et de leur gueuler dessus (sa victime favorite, le pauvre pimpin qui sort les poubelles le soir et les rentre tot le matin et qui fait, lui aussi "trop de bruits").

Je l'ai deja ecrit dans ces pages quelque part, j'ai une devise portative qui dit que

Quand on est jeune c'est pour la vie

Je me comprends : il y a des personnes qui, des vingt ans, pensent comme des vieux et, par ailleurs, des vieillards qui ont gardé leur ame d'enfant, une jeunesse et une pétillance dont ils ne se défont pas.

Petit, tout petit garcon, j'avais osé contrecarrer ma grand-mere qui affirmait a son amie en visite :

- celui-la, il vivra vieux !

je faisais preuve, déja, d'une appétence a vivre et a bien vivre...

- non Mamilou, je ne vivrai pas vieux : je vivrai jeune et je mourrai vieux !

Hier matin, au moment ou l'aurore aux doigts de rose n'a pas encore réveillé la moitié de la ville, on sonne a ma porte. Je vais ouvrir. Ma "méchante" voisine est la, toute penaude et toute désorientée, a ne pas se souvenir quelle est sa porte (celle immédiatement mitoyenne a la mienne), ni meme qui je suis et s'est, de toute évidence, "enfermée dehors".

Elle demande a pouvoir utiliser les toilettes. Bon, va pour les toilettes.

Puis, avec le sans-gene typique de ceux qui n'ont plus leur tete, la voila qui fouille dans tout l'appartement, ouvre toutes les portes, cherche, désorientée "sa" cuisine et "sa" salle de bain. Exige de l'eau sans y mettre la politesse.

Heureusement, elle a des enfants et des petits enfants a l'étage au dessous. Apres l'avoir installée dans le canapé du salon et loqué les portes vers les autres pieces, je vais les réveiller en m'excusant. Le temps qu'il se réveille et s'habille, le petit-fils, jeune trentenaire est chez moi.

C'est touchant de voir la gentillesse de son petit-fils a l'égard de sa grand-mere.

Cela me trouble. Je crois dur comme fer a ma devise qui me sert de viatique.

Mais peut-etre que la volonté ne peut rien et que la vieillesse est un processus irréluctable et que quand on est jeune, c'est pas pour la vie. Mon moi de trois ans d'age avait donc raison :

- non Mamilou, je ne vivrai pas vieux : je vivrai jeune et je mourrai vieux !

Publié dans Chronique pragoise

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