J'ai fait HEC et je m'en excuse

Publié le par remi

Florence Noiville écrit un petit ouvrage en ces temps de crise où on cherche un peu partout des boucs émissaires à la crise financière.

Bizarrement, alors que je suis en train de pondre un livre qui dit peu ou prou la même chose (le monde de la finance est devenu fou), je n'arrive pas à souscrire à la dénonciation du "système HEC" que Florence Noiville entreprend.

Il faudrait plus d'éthique, plus d'humanité, plus d'histoire économique (pour comprendre celle des crises économiques et les fondamentaux des flux de ressources et les ressorts de la production dans le monde) dans l'enseignement managérial et moins de "techniques de base".

Pour ma part, je pense qu'HEC fait ce qu'elle a à faire, former des managers, leur "apprendre à oser" (la devise de l'école). Dans une France qui manque d'esprit d'entreprise, c'est précieux.

Aux historiens de la finance de creuser l'histoire des crises économiques, au législateur de mettre des gardefous aux incitations contradictoire (superbement analysées par Joseph Stigltiz dans Le triomphe de la cupidité) auxquelles font face les directeurs financiers, les banquiers, les analystes boursiers.

Pour ma part, en économie, je suis un beckerien qui sait que l'Homo œconomicus est un être rationel, y compris dans la fraude et le crime. Tant que la police financière sera aussi nulle, tant que les peines seront aussi minimes pour les crimes en col blanc, on aura ce qu'on a eu - réforme de l'enseignement managérial ou pas - et la solution est politique.

Publié dans Homo oeconomicus

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balkisse 28/02/2010 13:30


Moi aussi je ne comprend toujours rien dans cette crise


*eMira 17/02/2010 20:27


A part bonjour, je suis heureuse de pouvoir te lire, que puis-je dire sur un tel sujet ? Les Carnets Blancs nous réunissent dans un monde aussi chahuté ...