Le journalisme financier aime le tragique

Publié le par remi

sauve qui peut l'euro

 

Sauve qui peut l'euro, titre le Courrier international avec un catastrophisme bien dans l'air du temps. L'Européen moyen - dans le musical tragicomique que nous servent les médias - entonne sur un air connu :

 

Mon compte est à zéro,

C'est la faute à l'euro !

J'ai perdu mon boulot

À cause de Barroso...

 

Un phénomène étrange... cette presse si prompte à blamer l'Europe réclame... plus d'Europe (le plus souvent un superministère des affaires économiques qui chapeaute la BCE).

 

Un État est-il en faillite ? Les autres doivent payer !

 

Imagine-t-on une société où les dettes des flambeurs seraient systématiquement couvertes par celles des écureuils ?

 

Où était ce délicieux article sur les tours de passe-passe du ministère grec de l'économie pour cacher à la BCE et la commission européenne l'état réel de son endettement ? Goldman Sachs, tel un mont de piété pour un joueur surendetté, a poussé au crime en permettant de "restructurer" (euphémisme wallstreetien pour prêter plus sans le dire) la dette grecque.

 

Si l'État grec fait faillite, en fait, où est le problème ?

 

L'euro perdra de sa valeur ?

Youpi ! Nos exportations seront plus compétitives !

 

L'Europe sera affaiblie ?

L'exemple de la quasi-faillite de Dubaï est là pour prouver qu'une fédération peut survivre aux problèmes financiers de l'un de ses membres.

La Californie, le plus "riche" État américain est aussi en faillite. Les États-Unis ne sont ni plus forts ni plus faibles.

 

Bref, la prochaine fois que la presse ou le 20 heures vous sert un thriller-catastrophe avec effondrement grec, effet domino, Espagne-Portugal, puis enchainement boule de neige : France et Allemagne dans la foulée, calmez-vous, ne paniquez pas.

En ce qui concerne le spectre grec, les médias font ce qu'ils savent le mieux faire : du cinéma.

Publié dans Homo oeconomicus

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