Věci veřejné

Publié le par remi

Un scandale de corruption secoue les fondements de la classe politique tchèque pourtant habituée à la chose. Un député du parti Věci veřejné (les choses publiques, une référence évidente au latin res publica) a publiquement dénoncé la direction de son parti de le soudoyer pour acheter sa fidélité.

 

Ce pays est tellement corrompu que les partis corrompent leurs propres députés ! Réaction de la direction du parti : « nous ne soudoyons personne. Monsieur le député avait des problèmes d’argent et nous lui en avons prêté. » Circulez, il n’y a rien à voir…

 

Par médias interposés : « je n’ai pas de problèmes d’argent. La dite somme (n.d.a l’équivalent d’un mois de salaire pour un député) est sur mon compte, prête à être rendue s’il s’agit d’un prêt. J’ai des preuves qu’il s’agit d’un acte de corruption. »

 

Une autre députée du même parti se joint à lui : « moi aussi, on a acheté ma fidélité. » Le chef du parti est par ailleurs propriétaire d’une agence de sécurité, ABL, dont il a utilisé les services pour mettre sur écoute et faire suivre des personnalités politiques (les révélations sur ce scandale datent de janvier) de diverses tendances.

 

Cette semaine, sort dans la presse, un document de travail interne à l’agence de sécurité : le plan de conquête du pouvoir datant d’avant les dernières élections, destiné au top-management et préparé par le propriétaire d’ABL, futur chef de parti, futur ministre du transport. De fait, meute obéissante, coordonnée, avide, le top-management de AVG a été élu dans diverses circonscriptions via une campagne au marketing impeccable et cynique (le corps électoral était blasé de la corruption ambiante institutionnalisée par ODS et CSSD, la droite et la gauche, et prêt à croire ès vertus des chevaliers blancs, des Monsieur Propre qui lui demanderaient son vote) dont le slogan était :

 

- Y’en a marre des dinosaures de la politique

 

Le plan de conquête du pouvoir détaille la conquête du marché de la sécurité par ABL via les commandes publiques, via la prise de pouvoir du management de la société.

 

Vision : « construction unitaire d’un environnement politique et économique stable. » But politique : « coalition avec la droite ; conquête des mairies de Prague 1 et 5 (n.d.a. les arrondissements les plus riches de Prague) ; construire des liens étroits avec la gauche. »

 

But économique : « construire l’agence de sécurité privée la plus forte en acquérant une position dominante sur le marché tchèque en la renforçant par des sociétés pseudo-concurrentes. »

 

Moyens : « ABL comme base économique [de conquête] du pouvoir dirigée de façon la plus indépendante possible sans personnifier VB (n.d.a les initiales du propriétaire d’ABL et futur ministre) ; Věci veřejné comme base politique de puissance. »

 

Perle parmi tant d’autres du verbatim de la réunion du top-management d’ABL d’avant les élections : « l’outil le plus efficace pour diriger est la dictature. » (nejúčinnějším nástrojem řízení je diktatura.)

 

On ne pourrait être plus cynique.

 

Personnellement j’admire le logo du parti qui donne une impression d’efficacité dans le management de la chose publique.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/a/a9/Public_Affairs_%28political_party%29_logo.PNG

 

Ces révélations ont provoqué le départ ou le renvoi des ministres appartenant à Věci veřejné. Elles vont sans doute entrainer la désagrégation de la coalition de droite au pouvoir et la chute du gouvernement.

Publié dans Kafkastan

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*eMira 09/04/2011 20:01



Chute du gouvernement ? Nos voisins sont sans depuis presque un an et ça ne semble pas modifier le quotidien ... Ce n'est pas très bon pour la presse, elle n'a rien à se mettre sous la dent pour
faire le buzz au quotidien !