Yes ! We can

Publié le par remi

Vu d’Europe (pardon my Eurotrash condescendance), l’assassinat, l’exécution d’Ossama Bin Laden a un air d’occasion manquée, d’un ratage du modèle démocratique étatsunien. (si tant est que le but des États-Unis d’Amérique fût de promouvoir la démocratie dans le monde.)

 

Quelle leçon retenir ?

 

A. La loi biblique du talion est toujours en vigueur. Œil pour œil, dent pour dent, sang pour sang. La mort d’un homme venge la mort des 2996 victimes de terroristes saoudiens. Vendetta sicilienne. La prochaine chose qui va arriver : un citoyen étatsunien, ou deux, ou 2996 seront tuées en représailles du sang de cet homme.

 

B. Si la Bible (ou le Coran, ou la Torah) est la loi suprême, alors comment justifier la condamnation d’hommes et de femmes qui combattent au nom de leur foi ? Que ce combat soit basé sur une interprétation erronée ne change rien. Bush déclenche des crusades, Ossama des djihad. Kif-kif. Retour au moyen-âge.

 

C. La loi de la jungle est la loi suprême dans le monde sous la férule étatsunienne (épargnez-moi, please, le mot de leadership). Je suis fort. Je suis grand. Je suis puissant. Je peux faire ce que je veux. Je peux, en toute impunité, sans condamnation aucune de la communauté internationale et onusienne, conduire une opération militaire sur le sol d’un pays étranger sans l’accord des autorités dudit pays. Les États-Unis abusent, encore, encore et encore de leur superpuissance. Yes, we can prend un gout amer et totalitaire…

 

Ayant le pouvoir, la capacité, d’envoyer une opération commando au fin-fond du Pakistan, ayant le pouvoir, la capacité de se saisir du citoyen saoudien et fugitif international, Ossama ben Laden, l’idéal eût été de s’en saisir –comme autrefois l’État d’Israël avec les criminels de guerre nazi– et de le ramener sur leur territoire pour le juger selon les règles démocratiques.

L’idéal, l’ayant tué, eût été de dire « sorry, on l’a abattu. On voulait le juger mais l’opération militaire a dérapé. » Rien de cela dans le discours obamesque.

 

On regrette le temps quand les juristes anglais et américains jetaient les bases du procès de Nuremberg.

Commenter cet article

*eMira 07/05/2011 09:49



Et combien de morts innocentes avant Nuremberg ??? Je ne suis pas pour la justice expéditive mais les mailles du filet sont parfois larges.



juliette 06/05/2011 17:36



sur le fond, tu as raison ; mais dans le cas présent, je ne suis pas sûre qu'Obama (ou toute autre personne du même niveau de responsabilité) avait un autre choix...