Lundi 7 avril 2008

J'ai toujours aimé les photos de famille. Au détour d'une recherche par mot-clé, je tombe sur cette photo qui me fascine par ce qu'elle dit sans dire.

.L'image est issue de wikicommons (cliquez dessus) - sa légende précise qu'il s'agit d'une famille nombreuse (extended family) américaine typique (typical).

On sent le fascisme iconographique : la bisaieule dans sa robe a fleurs bleues est la matriarche d'un clan et la seule à ne pas porter l'uniforme qui consiste en un polo ou un ticheurte de couleur unie et d'un pantalon ou d'une jupe beige, couleur neutre qui fait ressortir la symbolique des couleurs des hauts.

Sa fille, en noire, à coté d'elle, est la véritable matrone du groupe si l'on en croit son air autoritaire et intelligent, son langage corporel (ah ce poing fermé posé sur la cuisse ! une vraie pose de général en campagne !) et, c'est un détail mais chaque détail a son importance dans cette photo soigneusement mise en scène, sa position : elle recouvre en partie, de sa masse corporelle, la présence de sa mère partiellement cachée et elle occupe la position la plus centrale dans cette photo symétriquement agencée.

Le reste se déduit aussi de lui-même. Si la bisaieule a eu d'autres enfants, ils ne sont pas invités dans le cadre de cette photo qui est une célebration de la matrone en noire. Ses cinq ou six enfants et leur descendance sont soigneusement et chromatiquement catégorisés : bleus, rouges, jaunes, oranges, verts et les moutons noirs. Dans la catégorie moutons noirs, il y a le mari et sa nouvelle femme, un peu parias, mais ce statut ne semble pas les géner, ils ont l'air heureux dans cette frange marginalisée, à la gauche du groupe (et la droite de la photo). L'autre mouton noir est moins visible. Sa tête est cachée au dernier rang entre les bleus et les rouges. Il est de toute évidence trop agé pour être le rejeton contestataire de M. Rouge ou de M. Bleu. J'y vois le benjamin pédé de la fratrie, ni tout à fait ostracisé dans cette Amérique moyenne, ni tout à fait à son aise dans le cadre de cette célébration de la fécondité matrimoniale. Fifils à sa maman, comme le mari divorcé et remarié, il porte les couleurs de la matrone.

A propos, on remarquera la valorisation de la féminité (fécondité, fertilité) : les femmes sont toujours devant leur mari et on sait combien les places avant sont valorisées par la symbolique iconographique.

Le comptable que je suis note que le boom générationnel se stabilise en n+2, chacun des petits enfants de la bisaieule a entre trois ou deux enfants.

Ça en dit des choses, hein ?, une simple photo...

par remi publié dans : visuels, visionnaires
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Jeudi 21 février 2008

C'est l'exemple typique de ce que j'appelle une fausse bonne idée créative (les créatifs, en pub aiment souvent se faire plaisir avant de vouloir faire plaisir a leur client) dont le coeur tourne autour de la censure islamique - interdit de montrer des seins pigeonnants dans un soutien-gorge sexy et aguichant, interdit de visualiser des portes jaretelles dentelés et afriolant cernant un petit cul coquin. Pour évoquer tout cela, voici les dessous de la grande dame (et un petit logo de la marque dans un coin)

Publicité pour Simone Pérele au Moyen Orient
cliquez sur l'image pour l'aggrandir

Bref, pour qui ne connait pas la marque, Simone Pérele, et ses produits, cette publicité est une tres élégante façon de promouvoir Paris.

Petite enquete d'opinion : 

a- cette publicité est bonne et vend bien le produit / la marque en collant (sic) a l'idée d'élégance a la française
b- cette publicité est incompréhensible (j'ai rien compris)
c- quand on peut pas montrer de la chair féminine sous les dessous, faut montrer le produit, rien que le produit, toujours le produit, quitte a utiliser un mannequin
d- autre opinion.

par remi publié dans : visuels, visionnaires
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Lundi 11 février 2008

La publicité est souvent le miroir tres juste d'une société.

Apres mon article sur la censure islamique des pub pornochic occidentales, je suis fasciné par cette pub pour un camp d'amincissement prénuptial, le bridal boot camp qui en dit long sur les problemes d'obésité auxquels fait face le pays le plus riche du monde (ou presque).
publicité pour maigrir avant la date fatidique du mariage

Allez faire un tour sur le site de Ad Arabia pour découvrir d'autres pubs moyenorientales.

par remi publié dans : visuels, visionnaires
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Vendredi 8 février 2008

Vous commencez a me connaitre, moi et ma soif d'art. Une affiche, dans le désert... culturel qu'est Dubaï, vantant une exposition et je me précipite.

Y'a un coté terrible dans cette exposition commandée au British Museum par Dubai Holdings (le fond d'investissement de sa Majesté dubaïote), c'est de se dire que quand elles veulent promouvoir un tant soit peu la culture arabe, leur culture, les pétromonarchies font appel aux pays européens.

Et je ne parles meme pas des collections du Louvres ou du British Museum pillées pendant la période coloniale et jamais rendues (les Ottomans qui s'en foutaient, ont laissé démonter les marbres du Parthénon et les frises des palais assyriens d'Irak).

Je parles de cette fascinante collection d'art arabe moderne. Des oeuvres produites de notre vivant et que les sheikhs pétés de thunes auraient pu acquérir. Mais non ! Les artistes locaux, autant les laisser crever la dalle. Des pervers subversifs de toute façon.

Le British Museum et l'Institut du monde arabe les collectionne ? Ah bon ? Non !?!? Ces croutes de cul-terreux marxisants ? ... Si ? Ça coute combien de faire venir leur collection ? Ah !... C'est pas donné... Un pti rabais ? Ok. Banco pour le British Museum.

Le monde arabo-musulman vit une profonde décadence [1] et les collections du BM, hélas, meme en s'efforçant d'écrémer le meilleur ne font que refléter cette décadence : copies serviles des avant-gardes occidentales et de leurs "trucs", ou pire: historicisme et retour en arriere d'un millénaire a l'age d'or mythique des Ommeyades et des Abbassides.

J'adore la calligraphie arabe. Mais l'oeuvre par ailleurs magistrale ci-dessous donne une impression de répétition de techniques mises en place sous Soliman le Magnifique.

hassan Massoudy, La Religion de l'Amour, collections: British Museum

L'objet suivant laisse un arriere-gout de déja-vu mais je le trouve assez puissant (j'ai toujours adoré l'art conceptuel). Un dictionnaire anglais clouté par un artiste palestinien. Seul un mot n'a pas été haché par la colere légitime de cet artiste. C'est par ailleurs un mot négatif dans la langue anglaise (et française)

zut j'ai oublié de noter le nom de l'artiste

Philistine n. 1. member of a people opposing the Israelites in ancient Palestine. 2. person who is hostile or indifferent to culture. adj. hostile or indifferent to culture.
2. vulgarian, ignoramus, materialist, barbarian, boor, yahoo. adj. uncultured, uncultivated, unenlightened, unrefined, unread, commonplace, bourgeois, commercial, materialistic.

Quand on sait que Palestinien et Philistin sont des doublets étymologiques, on comprend mieux sont travail de dénonciation et de cloutage des pages infamantes du dictionnaires. Tout y est : l'opposition tragique des Philistins et des Israélites (qui deux mille ans plus tard, dure encore), la conscience malheureuse de l'artiste philistin d'appartenir a un peuple connu pour son indifférence a l'art.

[1] le constat n'est pas de moi. Lisez le fascinant ouvrage de Georges Corm, Le Moyen Orient éclaté

par remi publié dans : visuels, visionnaires
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Jeudi 7 février 2008
Découvert au hasard du surfage sur le net, j'adore le site de cet illustrateur de talent (le lien est dans l'image).
dessin d'une table de café parisien
par remi publié dans : visuels, visionnaires
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Mardi 5 février 2008
Ah ! Dans la rubrique pub et contrepub, j'oubliais cette illustration de la photoshopocensure.

Une beauté latino-américaine essaie de vous vendre son effluve a coup de tango lascif avec un zorro tout de noir vétu qui lui enlace la taille et lui carresse le nombril ?

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Relisons le Code Hays qui régenta Hollywood pendant plus de trente ans : 
1. Les danses qui suggèrent ou représentent des relations sexuelles sont interdites. 
2. Les danses qui comportent des mouvements indécents doivent être considérées comme obscènes.

Or ce tango en levrette auquel s'adonne notre pulpeuse lopez tombe pile dans le mille des deux criteres ! La shariah comme la Bible qui inspira monsieur Hays a enquiquiner Hollywood, interdit les obscenités. Résultat : le mec est out ! Et le décolleté plongeant aussi ! Et les épaules se couvrent dignement ! Et la jupe se ralonge décemment ! Plus l'ombre d'un genou nu !

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par remi publié dans : visuels, visionnaires
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Mercredi 30 janvier 2008
Pour ceux dont le centre d'intéret est a la croisée de la toile internet et de l'autoblographie, allez faire un tour sur Wired qui fait un joli schéma explicatif cliquable et zoomable sur ce qu'il advient de votre article, des sa publication et avant meme que vos lecteurs n'aient commencé a vous lire.
schema de la vie d'un blog entre l'écriture et la lecture. blog publicité. blog indexation. blog référencement
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Mardi 15 janvier 2008
Marrants ces pochoirs pour se peindre les mains et les pieds au héné. Avec ça, la beauté, c'est faaaacile...

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Lundi 7 janvier 2008

Je rajoutes les photos reçues de Nicolas a ce billet du 27 décembre 2007. Avant :

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Rencontré chez Lise A., je passe vendredi aprémidi chez Nicolas, un photographe franco-norvégien qui fait une série dont l'idée me plait : prendre les gens tout habillés sous la douche.

Sauf que j'ignorais qu'il s'agissait d'une douche froide !

Devant un objectif, le modele reste toujours maitre de l'image qu'il donne de lui. Le photographe lui donne des instructions mais au fond, il n'en fait qu'a sa tete. Il reste maitre de son imago homini.

C'est assez fantastique de voir les différents visages de soi : l'avant ~ les réglages de lumieres et le pendant ~ les muscles faciaux contractés, la perte du controle de soi sous l'élément hostile :

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Samedi 8 décembre 2007

J'ai conservé une bonne part de mon ame d'enfant et dans l'avion qui me ramene de Paris, j'ai ri et j'ai pleuré en visionnant Ratatouille, l'histoire de Rémy, le petit rat qui reve de devenir un grand chef-cuisinier.

Rémy, le rat qui reve de devenir un grand chef

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