On retrouva donc Jacques et Nathalie Millery au café Rococo avant d'aller a l'opera voir la Dame de Pique de Tchaikovskji.
On se disait, tout du long de la représentation (fort bien chantée au demeurant, j'avais un peu peur que cela soit une production un peu baclée et spécial-touriste) a quel point cet opéra reflete l'insondable mélancolie de l'ame russe - pré-formatée pour l'amour-passion et jusqu-au-boutiste.
Apres quoi, c'est assez logiquement qu'on alla souper au Jardin de l'Opera qui un sushi-sashimi, qui des calamars grillés au basilic et aux poivrons rouges, qui une salade avec en dessert, l'inévitable Belle au Bois Dormant (profiterolles au chocolat blanc et glacage a la noix de coco, servies sur un lit de chocolat noir fondu, dans une cage de fils de caramel du plus bel effet).
La conversation roulait sur les enfants, le fait d'etre parent, les joies et les obligations que cela représente. Je me rends compte a quel point j'ai une vie de privilégié égoiste en écoutant Jacques me dire qu'il met son réveil a sonner 15 mn avant de devoir sortir du lit pour profiter de ce temps particulier entre reve et éveil et engrenage de la vie quotidienne: petit déjeuner avec les enfants, les amener a l'école, aller au boulot -etc ; alors que moi je dispose royalement (étant a 5 mn a pied du bureau) de 2 heures de quality-time entre le moment du réveil et le début de la journée de travail.
Mais bizarrement, j'ai pas envie de me vanter et de lancer un cocorico "Ah! la belle vie qu'on vit quand on vit la vie qu'on veut!" mais plutot envie la position de parents de Jacques et Nathalie (apres avoir envié celle d'Eve et de Xavier a Pons, pendant la semaine que je partageais avec ma soeur et sa petite famille).
Envie de devenir papa - tres pressante hier soir...
J'avais raté pour cause de diner avec Belinda et Michael le cocktail sur la terrasse art-deco de la CSOB vendredi soir.
Une délégation d'HEC est en visite a Prague et Adam a été tres actif en s'assurant la participation de chacun: cocktail offert par Jan Lamser de la CSOB donc, visite privée des salons de l'Ambassade de France, opéra samedi, visite de Karlsbad et du site de Becherovka acquise récemment par Pernod Ricard (merci Jean-Manuel Spriet), cocktail dimanche sur la terrasse du Sovovy Mlyny (on pourrait dire organisée par moi, sauf que je n'ai fait que donner a Adam le contact de Monika, l'impeccable manager de Roman Reznicek), sans doute l'une des plus belles de Prague.
J'ai trop fait la fete ce week-end, excessivement fumé, abusivement bu, outrageusement pas assez dormi et - alors que schmoozer dans les parties est une seconde nature pour moi, je suis tellement HS (note for Will: hors service) que je n'arrive pas a communiquer avec mes "camarades" d'HEC - la plupart déja retraités et grisonnants.
En quittant trop tot le cocktail, je me regarde dans un miroir et voit une sorte de Dorian Grey a la peau flétrie par le tabac, désechée par l'alcool et épuisée par le manque de sommeil - aie!
ou ai-je mis ma creme nivea visage?
Délicieuse soirée musicale hier chez Adam Bager. Will au piano pendant que Adam joue du hautbois alors que Fede et Remi se délectent...
A la télé, the
BBC Cardiff singer of the world contest pour élir le meilleur chanteur d'Opéra
va commencer. C'est totalement
gay de regarder ca et on s'en donne a coeur joie:
- her phrasé is wrong.
- her vowels are funny. don't you think
- astoninshing! such a presence!...
- she has a great characterization.
- a true resonnance
- he has a very rooted voice! of course, lacking a bit of light and shade
- his voice: beautiful colour
- she's not bad but she's missing something...
C'est Nicole Cabell qui a gagné ces semi-finales, on est prets a parier qu'elle gagnera la finale. On dit "Merci BBC!" d'organiser des programmes d'aussi haute qualité.
Deux jours avant, en Tchéquie, c'était la finale de Superstar et c'est un Gitan (Vlasta Horwath?) qui gagna.
Début Juin, je passais une semaine a Pons chez ma soeur Eve et tombait mort de rire en trouvant ce panneau affiché en devanture de ce qui est quasiment l'unique café du village:
A Pons, ville tres cosmopolite, on considere le tcheque comme une langue internationale a meme titre que l'allemand, l'anglais ou l'espagnol.
joli retournement de la situation (ou comment dégonfler la menace, faire sourire d'un préjugé tres présent dans la campagne référendaire européenne a l'encontre du dumping social venu de la
nouvelle Europe) communiqué de main de maitre (plombier) par l'
Office de Tourisme Polonais:
Jutka et moi allions voir mardi The War of the Worlds (La Guerre des Mondes) - film jouissif s'il en est, pas tant a cause de la gueule de Tom Cruise parfait en papa loser, qu'en ce qu'il montre cette Amérique obsédée, apeurée, défaite :
- papa, c'est les terroristes qui attaquent?
- ne pose pas de question!
Dialogue parfait dans la bouche d'une Amérique infantilisée et d'un président soucieux d'une impunité (Guantanamo) et de coudées franches (ralonges budgétaires).
Toute réinterprétation cinématographique du célebre roman d'H.G. Welles ne peut qu'etre un miroir tendu a la société qui la gobera. Les extra-terrestres auraient surement lancé des heil! et se serait dandiné avec un pas tres martial et pataux immitant celui dit "de l'oie" des armées hitlériennes si Orson Wells avait fait du ciné en 1938 (il est l'auteur d'un interprétation radio-diffusée qui foutut une panique monstre dans l'Amérique traumatisée par la Grande Crise), dans le film de Spielberg, ils sont ces semeurs de terreur qui attaque une Grande Puissance qui se croit encore innocente et qui pourrait tres bien lancer contre eux une autre War against Terror, toute aussi innefficace que la premiere (celle de 2001) et toute aussi inégale : les aliens sont nombreux, ils sont a nos* portes, ils sont affamés de nos richesses et de nos ressources et savent pertinemment qu'on ne les partageraient pas sans y etre un peu poussés.
Le happy-end du film est une honte destinée a faire des entrées et bercer encore et toujours les illusions des Étatsuniens (écornées cependant - ils ont (dans le film) gagné la bataille et la guerre mais par auto-dissolution d'Al Quaida, pas parce qu'ils l'ont défaite).
* je dis "nos" car cette diatribe anti-US primaire - nous touche autant. L'Europe se croit humaniste, baigne dans une prospérité insolente dont elle n'entend pas partager les miettes avec les bougnoules. Pas étonnant que Londres explose et si Paris est exempt de bris de verres depuis les tristes attentats de Tati et de la rue de Rennes, ca n'est que partie remise.
un blog avec des jolies images minimalistes
pleines de poésie. A voir absolument.
Je suis a Budapest, j'ai la television dans mon appartement et ecoute Interview par la BBC d’un haut responsable britannique en Irak. Il est philosophe: „oui, on a sans doute sous-estimé la tache a accomplir mais songez-y, on aide le peuple irakien:
- a passer d’un regime dictatorial a une democratie parlementaire
- a passer d’une économie centralisée a une économie de marché
- (et ajouterai-je: d’un pays unifié par la férule sunnite à une fédération respectueuse de ses minorités)
tout cela ne se fait ni sans douleurs, ni du jour au lendemain“.
Et, moi qui ai été le témoin de la-dite transisition en Tchéquie, je sais de quoi il parle. Donnons aux Anglais, aux Américains le bénéfice du doute et notre soutien moral, aidons les Irakiens a accéder a la démocratie et a la liberté de commerce.
Hier avec Maryse et Andre, on passe la journee a faire des collages et de la sculpture en papier mache. journee tres inspiree.
Andre:
Maryse:
et l'obelisque en tant que work-in-progress que je fais:
J'ai toujours refusé d'avoir la télé a la maison mais, honnetement, c'est un plaisir de l'avoir a l'hotel quand je voyage et que se pose la question du "que faire?" dans une ville inconnue, dont on ne connait pas les bars, ou l'on n'a pas les amigos pour sortir se faire un restau.
Je regarde lundi soir sur TV5 Lettres d'amour en Somalie de Frédéric Mitterrand. Superbes images et superbe texte poétique dont l'ambiguité orale (on ne sait pas le sexe de la personne aimée a la quelle s'adressent ces strophes inspirées) est rompue par un sous-titrage qui décide (et pourquoi pas?) qu'elle est féminine.
c'est la tyranie de la doxa.