Mardi 8 avril 2008

Pas le temps de bloguer. Cloture trimestrielle et audit annuel. Les auditeurs me demandent de remplir un questionnaire sur la culture d'entreprise et la gestion du risque. Avec des questions comme :

- Est-ce que la rémunération variable du top management est disproportionnée par rapport au fixe?

Depuis Enron, on ne peut plus ignorer les énormes pressions pour masser les chiffres qui pèsent sur les épaules d'un CFO. Il y a aussi des questions plus anodines comme :

- Est-ce que le top management est honnête ?

(Le questionnaire est destiné au top management des boites auditées)

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Dimanche 30 mars 2008

Ça va barder dans la blogosphère. On ne peut plus ècrire n'importe quoi, balancer des rumeurs sans se voir responsabilisé de ses actes. Le Monde :

Une décision de justice rendue publique, jeudi 27 mars, a suscité une vague d'émotion sur le Web. Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a condamné trois sites Internet, dont Fuzz.fr, pour atteinte à la vie privée d'Olivier Martinez. Il leur est reproché d'avoir publié un lien vers un blog affirmant que l'acteur était à nouveau en couple avec la chanteuse australienne Kylie Minogue.

Honnetement, je crois qu'on va dans le bon sens avec le rapprochement papier/toile au niveau juridique.

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Jeudi 20 mars 2008

Des économistes ont analysé les dépenses publiques pour la sécurité de l’état et la lutte contre le terrorisme avant et après nine eleven. L’addition est passée de 65 milliards de dollars a 200 milliards par an. Les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Le problème avec le terrorisme, c’est que quand vous bétonnez les aéroports, il s’en prend au trains, quand vous sécurisez les trains et le métropolitain, il s’attaque a la rue. Bref, c’est comme le furet : il est toujours la et toujours la ou on l’attend le moins.

Mettre des policiers partout, faire subir des contrôles parfois vexatoires dans les aéroports et les gares, ca rassure le pimpin, c’est politiquement payant (voyez Sarkozy et son passage sécuritaire au ministère de l’Intérieur en tremplin), mais c’est – économiquement parlant – de l’argent jeté par la fenêtre. Interdire les contenants de liquide de plus de 100ml dans les bagages a main, c’est faire chier l’aéro-passager, c’est ralentir l’embarquement a force de vérifications sans garantir que mon voisin ne se balade pas avec une barre de semtex.

The Economist, d’où je tire ces informations, recommande de réorienter les dépenses sécuritaires vers quelque chose de moins voyant mais de plus efficace – selon lui – a savoir de siphonner les circuits de financement du terrorisme.

Et l'aide au développement ajouterais-je - la pauvreté et les inégalités font les frustrés qui veulent faire péter un monde injuste...

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Vendredi 14 mars 2008

Une des grandes leçons de vie que j'ai reçues, c'était a l'occasion de la rédaction de la partie pragoise du guide Louis Vuitton des voyages. J'avais fait une "critique" de restaurant tres bien écrite, chiadée, enlevée, le mot juste pour descendre un chef qui engrangeait ignominieusement les dividendes d'une gloire passée. J'étais content de moi, j'étais le justicier, le redresseur de tort. Le zorro de la critique gastronomique.

Ma correspondante a Paris repassait les épreuves en revue et me dit :

- Rémi, si ça n'en vaut pas la peine, on ne le met pas dans le guide.
J'ai immédiatement su qu'elle avait totalement raison. J'avais déja fait des principes de Faraday (dont "éviter la controverse"), un vadémécum. Plus tard, un gourou pragois me convaincra sans me convertir que les quatres accords de dom Miguel Ruiz ("il ne faut pas dire du mal des gens") sont une mine de bon sens a appliquer au quotiden. 

 

Ce blog ("il faut etre heureux..."; "bienheureux ceux qui savent rire d'eux meme") est une illustration de cette philosophie positivisante (positiviste est un adjectif déja pris par des philosophes du XIXe)

Shoot the messenger

Toutes ces précautions oratoires pour dire que je ne veux pas médire d'un collegue qui, nouveau venu, tape un peu sur les nerfs de tout le college directorial de la boite. Ses résultats, sans etre catastrophiques, ne sont pas tout a fait ce qu'il souhaiterait qu'ils fussent. Si les chiffres que je lui donnent ne sont pas a la hauteur de ses attentes, autant dire que les chiffres sont faux.

J'ai passé dimanche et lundi a redécortiquer le factures et les allocations de couts fournisseurs pour le convaincre du contraire suite a un échange d'email qui les mettait en doute.

J'avais d'autres chats a fouetter. Mais c'était prioritaire que je gagne sa confiance dans les chiffres.

Il a trouvé une erreur de $90 (une erreur de conversion rentré manuellement par un de mes Indiens au lieu de laisser la bécane gérer ça toute seule comme une grande).

Tout le monde a immédiatement été mis au courant: les chiffres SONT FAUX. Qu'importe que l'erreur est humaine et que l'erreur découverte représente 0,000x% de son chiffre d'affaire. Le principe de précaution plaqué sur le reporting : on ne fait rien, on ne croit rien tant que tout n'a pas été 100% prouvé et garanti. Si une erreur est prouvée, alors des milliers sont possibles.

Encore une couche

Hier, j'apprends indirectement que ce collegue veux facturer [tant] et inclure les chiffres dans le reporting de février. Ce collegue se garde bien de m'en parler et passe par mes Indiens serviles et obéissants a la comptabilité. Sauf que cette demande est totalement atypique et qu'ils me demandent de valider une facturation a fin février faite en mi-mars.

Faites ce qui lui fait plaisir, dites lui seulement que le reporting est déja parti et que cette facture apparaitra dans son reporting de mars.
Sans meme tenter de résoudre le probleme avec moi et de comprendre le pourquoi du comment, ce collegue va se plaindre a mon boss et m'envoie un mail en forme de scud intitulé "inaccurate reporting". Comment est-ce que je me permets de clore un mois sans lui en parler? A cause de ma décision stupide, la facture de tant n'est pas prise en compte. Mon boss est en cc-.

Ma réponse a ce collegue problématique est surtout une communication triangulaire pour prouver a mon boss que 1) je lui ai parlé des chiffres de février (voir mail du 6 mars) avant de les rapporter au siege et 2) le reporting etant le reporting, il n'y a rien que je puisse faire, avec toute la bonne volonté du monde, pour réinclure un chiffre dans une base de donnée verrouillée apres cloture.

Cerise sur le gateau

Quelques minutes apres mon mail, j'entends mon bras droit indien, répondre au téléphone

- hello mister [nom du collegue]
- yes mister [nom du collegue]. 
- No problem mister [nom du collegue], yes, we closed on the ninth only.
- good bye mister [nom du collegue]

J'ai une valeur, plus haute que le "think pink" des pages de ce blog, c'est de ne jamais mentir, de toujours dire la vérité. Que mon collegue ne me croit pas et aille vérifier ce que je lui dis (le reporting est déja fait), me blesse profondément. Plus que le pinaillage sur $90...

 

undefined

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Mercredi 27 février 2008

Faut-il crier cocorico, kikiriki, etc. ? En profiter plutot, pour racheter les actifs rendus bons marchés par la baisse de la monnaie américaine. Pauvre W.Bush, il aura été le fossoyeur de tout ce que Reagan avait fait pour faire de la droite américaine l'étalon idéologique mondial - meme le dollar fort se casse la gueule.

one Euro

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Dimanche 17 février 2008

Je reviens de deux jours de séminaires a Abu Dhabi. Le groupe Bouhlach' (lequel est en joint-venture avec Savah dans la société de laquelle j'assure la finance), y célebre la grand messe de résultats annuels exceptionnels, et demande a ses cadres de se dépasser avec un atelier de travail sur

Good to great

une méthode mise au point par un gourou des performances, avec des arguments pertinents.

Avant cet atelier, l'économiste en chef d'une respectable banque coloniale anglochinoise (dont j'adore la pub), Simon Williams, nous abreuve de chiffres macroéconomiques pour prouver par a + b que cette région du globe connait et connaitre un véritable age d'or. Un triliard de dollars s'est accumulé dans les caisses et dans les prochaines années, ça sera (en fonction du prix du pétrole : 60$ ou 100$ ?) entre un et trois triliards de dollars qui vont encore débarquer dans une économie au bord de la surchauffe.

What can go wrong?

se demande Simon. Well, le surinvestissement dans des projets prestigieux et qui font parler d'eux : l'ile en forme de palme de Dubai et la tour-la-plus-haute-du-monde, le musée du Louvre-Abu-Dhabi et le Guggenheim voisin s'accompagnent d'un sousinvestissement chronique dans des choses plus terre-a-terre et plus nécessaires : le tout-a-l'égout et les stations d'épuration des eaux laissent souvent a désirer un air moins pestilentiel, les usines de désalement de l'eau de mer tournent a 200% de leurs capacités (on est a la merci d'un pépin et finie les lessives et les douches a l'eau claire !), meme chose pour l'électricité - un comble pour des pays exportateurs d'énergie !

un autre scénario catastrophe

Lors de ce séminaire, je papote avec Soubou de Bahrain qui me raconte les embouteillages qui commencent le jeudi soir pour finir le dimanche matin : des milliers de Saoudiens envahissent les rues de Manama pour boire (de l'alcool), danser, papoter, bref : vivre. Il me raconte aussi que beaucoup de Saoudiennes vivent a plein temps au royaume de Bahreïn ou au Qatar ou elle sont rejointes par leurs maris le week-end. La, au moins, elles peuvent conduire, faire du shopping, se balader entre nanas sans etre battues a mort par les gardiens de la morale et de la foi qui ne supportent pas la vue d'une femme hors de la tutelle maritale.

Je papote aussi avec Joe qui me fait part des chiffres abominables de la région la plus riche du globe : toutes les universités du monde arabe réunies publient 13.000 papiers scientifiques. Soit moins que la seule université d'Harvard qui bon an mal an en publie plus de 15.000.

30% de la population des richissimes pays du golfe est illettrée. Plus de 60% de la population a moins de 30 ans - et des aspirations autres que la litanie récitative du Coran.

Il y a 30 millions de Bédouins richissimes, rendus paresseux par la richesse - la population immigrée qui sert leur bien etre représente entre 30 et, tenez vous bien, 90% de la population du pays.

Il y a 30 millions de Bédouins paresseux et un milliard d'Indiens dont l'économie a besoin d'énergie.
Et 500 millions d'Européens avec une riche histoire d'invasions, de croisades et de colonisation (le plus souvent avec les meilleures intentions du monde : répandre la bonne parole du Christ, répandre la civilisation et alphabétiser les illettrés, répandre la démocratie et libérer les soumis).
Le jour ou on a envahi l'Irak en promettant un swap Saddam/démocratie, on a écrasé en 24 heures chrono une armée aguerrie par dix ans de guerre nonstop contre l'Iran.
Les monarchies pétrolieres ont zéro zéro zéro légitimité (haïes de leur propres jeunesse, haïes des autres arabes qui les considerent, non sans raisons, comme des gros pleins de soupe égoïstes et ignares, haïes des populations immigrées qui font tourner la machine, haïes de leur propre jeunesse qui aspire au bonheur sans le rigorisme religieux).

Cette région est tellement prete pour un swap "je vous renverse votre roi/cheikh/émir, vous buvez et dansez autant que vous voulez et vous me passez vos champs de pétrole".

Pourquoi croyez-vous que Sarkozy a transféré la base militaire de Djibouti vers les Émirats arabes unis ?

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Dimanche 27 janvier 2008

Poursuivons la série progres économicoscientifiques, avec cet article passionnant de The Economist sur une étude du système de récompense, en particulier sur ce fait bizarrissime, scientifiquement et économiquement parlant, que plus une chose coute cher, plus elle procure de plaisir.

L'argent ne fait pas le bonheur ?
hé ben justement si !

Les parametres.

On donne cinq différents cépages de cabernet-sauvignon a des dégustateurs monitorés par résonnance magnétique nucléaire. Certains connaissent 'le' prix de la bouteille (en fait arbitrairement fixé entre cinq et quatre-vingt-dix-neuf dollars la bouteille), d'autres pas.

Les résultats.

On savait, d'enquete similaires précédentes que la réponse varie en fonction du prix : plus un vin est cher, plus il est noté positivement (on préfere intuitivement acheter un bordeaux a 20 euros qu'a 10 en pensant que la qualité suivra). Ce que l'imagerie médicale apporte comme confirmation supplémentaire en surveillant le cortex orbitofrontal médian (une zone impliquée dans le système de récompense), c'est que les dégustateurs reçoivent neurologiquement parlant, plus de plaisir avec les vins les plus chers.

Rémi en train de se verser un Saint-Émilion 1970

Les raisons.

Dans une optique darwinienne, l'homme imite ses pairs : ce qui est bon pour les autres est bon pour moi et plus je capitalise rapidement sur l'expérience acquise par les autres hommes (transmise par le prix qui est une source d'information), plus j'ai de chance de survie. Le cerveau, ses connexions, ne ferait que renforcer cette aptitude en la rendant innée plus que réfléchie et raisonnée.

Les implications.

Elles sont évidentes pour l'homme de pub que je suis. Le marketing des produits de luxe aurait ainsi pour conséquence, non seulement de provoquer l'achat de produit de qualité mais de procurer plus de plaisir a leurs consommateurs.

La question.

En écrivant cet article, je ne cessais de me demander quelle est cette actrice a qui on demandait, lors d'un interview :

- quelle est votre zone érogene ?

et qui répondit en pointant du doigt sa tete ?
(aujourd'hui, elle pourrait pointer du doigt son cortex orbitofrontal)

source : The Economist, 19-25 janvier 2008, p. 72.

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Dimanche 27 janvier 2008

Je découvre dans les news, le fait que la Société Générale a subit une perte historique (j'aime l'euphémisme pour éviter colossale) sur des opérations boursieres.

Le patron de la SocGén accuse son directeur de marché (il va le virer si j'ai bien compris) et a porté plainte contre son traider mais des forums boursiers et financiers que je lis, l'opinion générale de la communauté boursiere est que le vrai coupable est l'employeur lui-meme : depuis le scandale de la Barings avec le fameux Nick Leeson, il est interdit de ne pas controler de façon hautement sécurisée ces opérations et la SocGén qui accuse son traider d'avoir abusé des failles du systeme informatique passe pour un amateur total qui décrouvrirait, au tout dernier moment, en collant son oeil sur l'embouchure d'un tuyau d'arrosage, qu'il est fait pour que de l'eau y circule.

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Vendredi 25 janvier 2008

stripteaseuse dématant son pole de danse a force de pirouettes olé-olé

C'est un sujet fascinant. J'en ai déja parlé dans les pages de ce blog. L'imbrication* de l'économie et du sexe.
* j'ai failli écrire un autre mot.

Steven D. Levitt, dont j'ai adoré et promu le livre Freakonomics des sa sortie, publie, avec Sudhir Venkatesh, une étude sur l'industrie de la prostitution trottoiresque (An Empirical Analysis of Street-Level Prostitution).
On peut compter sur l'ironie de l'auteur : "les prostituées ont plus de probabilité de 'monter' avec un policier que de se faire arreter par l'un d'entre eux." Les arrestations ont lieu dans 0,3% des rues de la ville de Chicago (ou se déroule son enquete), la concentration du business est nécessaire pour que l'offre rencontre la demande sans trop d'ambigüité ni de plaintes. La rémunération est élevée mais les risques aussi : l'usage du préservatif est l'exception plus que la norme et les atteintes physiques fréquentes sans compter l'opprobe sociale.

Les prix, c'est a dire l'adaptation de l'offre a la demande, sont flexibles et fonction du revenu du client (tel que perçu par l'offreuse de services) qui systématiquement demande au client blanc de faire une offre de prix (qu'elle peut refuser si elle le trouve trop basse ou négocier) mais propose son tarif au client afro-américain.
Il y a une surprime pour les actes a risque mais pas aussi élevée que ce a quoi on s'attendrait rationnellement (mais - comme le souligne l'auteur perfidement - les banques hypothécaires aussi ont récemment  été atteintes d'une grave myopie aux risques des prets immobiliers fait les frais, avec les résultats catastrophiques que nous connaissons aujourd'hui).
La beauté de la pute (telle que subjectivement perçue par l'économiste enqueteur) a peu ou pas d'impact sur le prix demandé (ou offert).

Le prix s'adapte aussi aux variations de la demande. Lors des festivités du quatre juillet, le quartier chaud de Chicago, connait un regain de fréquentation : + 60%, mais seulement + 30% en terme de prix parce que l'offre de service de la πόρνη (pornée c'est le joli mot grec) est - c'est le jargon des économistes - élastique (j'adore cet adjectif dans ce contexte).

LA découverte de cette étude (pour la plupart des économistes qui sont néophytes graves en la matiere), est qu'une péripapéticienne fait plus de profit lorsqu'elle a un maquereau. Il sert de police d'assurance en écartant la police, la prédation des autres gangs, les atteintes physiques des clients violents, etc. Le maquereau permet de travailler mieux et moins pour plus de profits finaux (apres la commission perçue par le maquereau).

par remi publié dans : Homo oeconomicus
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Vendredi 25 janvier 2008

Ce blog qui fait la propagande de la philosophie du bonheur ("il faut etre heureux") avec la foi absolue d'un ayatollah chiite, ce blog écrit par un financier passionné d'économie (et de mathématique, et d'art, etc mais les autres passions sont horsujet), ce blog se doit de saluer l'existence de la databanque mondiale du bonheur.

Elle réunit toutes les données possibles et imaginables sur le sujet pour les analyser, les statistiquer, les correler, etc., afin d'en tirer les recettes, les fondamentaux, les conditions sinéquanonnes du bonheur. Exemples pris au hasard:
- les conservateurs sont plus heureux que les socialistes
- les aides-soignantes aiment mieux la vie que les banquiers
- il est préférable d'etre en couple, extroverti, sociable et optimiste pour pouvoir se dire heureux (quoique cette phrase a un relent d'almanach pour défonceur de portes ouvertes)
- avoir la foi en Dieu aide aussi considérablement
- baiser régulierement tout autant (et, Dieu merci !, cette proposition n'est pas incompatible avec la précédente quoiqu'en dise Benoit XVI et ses corréligionnaires sur l'abstinence)
- que le trajet boulot-dodo soit pas trop long sinon plouf, dépression au coin de la rue...
- avoir des diplomes est fortement corrélé avec le bien-etre
- ne pas vivre dans une ex-république socialiste soviétique est une condition nécessaire mais pas suffisante
- etc.

Bizarrement, les pays les plus heureux au monde (Islande et Suisse) ont aussi le taux de suicide parmi les plus élevés. Hmmm, si les pessimiste se supriment, ils faussent massivement les statistiques...

 

Je me souviens combien Hervé se moquait des Américains et de leur obsession du bonheur (un droit inaliénable selon leur constitution) qui te demandent systématiquement

- are you having fun?
- did you have fun?

Et dans ce pays décervelé au chlorhydrate de fluoxétine, Disneyland peut promettre d'etre The Happiest Place on Earth (sans avoir vérifié ses sources dans la databanque mondiale du bonheur, on leur fait un proces en class action pour publicité mensongere ?)

 

Ce blog te procure du bonheur ? Tu t'es amusé(e) en le lisant ?
par remi publié dans : Homo oeconomicus
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