Féminisme et parité au bureau
Sous l'égide de HEC au Féminin, un questionnaire est diffusé à tous les anciens élèves des grandes écoles françaises, sur la parité au sein du management des entreprises.
Le diable est dans les détails et je trouve significatif que le questionnaire privilégie le terme inexact de mixité (elle existe déjà) que celui, plus précis, de parité, l'égalité entre les femmes et les hommes.
Le développement de la diversité au sein du management et top management (mixité hommes-femmes, minorités ethniques, handicapés...) est aujourd'hui un thème fréquent au sein des entreprises et administrations. Selon vous, encourager la diversité en entreprise ou administration est-il très, plutôt, plutôt pas ou pas du tout important pour...
la justice sociale et l'égalité au sein de l'entreprise ou de l'administration
améliorer l'image de l'entreprise ou de l'administration
développer l'efficacité de l'entreprise ou de l'administration
Plus précisément, estimez-vous que le développement de la mixité hommes-femmes dans le management devrait être un objectif très, plutôt, plutôt pas ou pas du tout important pour une entreprise ou une administration ?
À diplôme ou qualification équivalents, avez-vous le sentiment qu'il existe des différences, très, plutôt, plutôt pas ou pas du tout importantes entre hommes et femmes en ce qui concerne...
Le déroulement de la carrière
L'accès au top management
Le salaire
L'embauche
Dans les mesures proposées, certaines (comme par exemple l'interdiction des réunions à horaire tardif) me hérissent par leur bêtise crasse et l'à priori (sociologiquement exact, hélas) que le rôle de la femme est de s'occuper des gosses.
Mais est-ce au législateur, aux syndicats, à interdire les réunions tardives ou aux femmes de se battre pour, en cas de réunion tardives, imposer à leurs conjoints de prendre la relève ?
Au même moment, je découvre, dans la Gazette des communes (23 mars 2009, p. 10), l'étendue statistique de l'inégalité homme-femme au sein de la fonction publique.
Les femmes représentent 59,1 % des fonctionnaires, avec une pointe à 77 % dans la fonction publique hospitalière et 16 % dans les emplois de direction, le taux le plus faible étant à l'Éducation nationale où seulement 11,3 % des femmes participent à la direction.
L'État français donne ainsi l'image caricaturale de la femme nourricière, soignante, éducatrice mais soumise à l'homme quand il s'agit de prendre des décisions, de diriger, de commander.
Bref, avant que d'imposer la parité à la sphère du privé, il serait bon que l'État social s'impose plus de justice (et teste les mesures à appliquer ailleurs).
Comme j'ai une grande gueule et des opinions sur tout, j'écris à Sophie que je sais impliquée dans HEC au Féminin :
[...] les mesures proposées dans le questionnaires sont au pire des mesurettes (coaching pour les femmes pour renforcer leur potentiel, limitation des réunions tardives pour... leur permettre de rentrer tot a la maison et s'occuper des enfants - comme si ça n'était pas aussi la tâche d'un père) ou au mieux des oukazes (obliger un quota de femmes dans la hiérarchie) qui vont à l'encontre de mon crédo libéral.
En revanche, une mesure non proposée et compatible avec mon crédo et ma philosophie de la justice, c'est de contrôler les concours des grandes écoles. Dans mon souvenir, les filles étaient 60% de candidates à HEC mais seulement 50% des admises. Politique tacite de l'école: avoir plus de mecs, c'est avoir plus de cadres sup 10 ans plus tard et un meilleur classement international (les gonzesses font HEC pour se marier, c'est bien connu ;-) Pour moi, l'Éducation nationale doit s'imposer les règles de justice inhérentes à une société paritaire.
[...]
Mais pourquoi l'écrire ? Ce combat n'est - au fond - pas le mien... Je suis dans le camp des privilégiés de l'inéquité sexuelle.
Ou pas ?