Avion - plouf
Papa m'envoie une lettre, facsimile de son journal il y a 35 ans. Je prends l'avion pour la premiere fois de ma vie. J'ai cinq ans. Je vais passer un mois a Londres chez mon cousin Jacques de la Chaise.
Nous sommes le 22 mai. Je le deduis des entrées precedentes. Celle-la est typique du style telegraphique de l'ecriture autobiographique chargée, non de sous-entendu mais d'implicite. Nous savons tous que l'aeroport le plus proche de la maison est Luxembourg et qu'a part cela (aller "prendre" un avion) aucune raison majeure n'expliquerait la presence d'une mere et son fils la-bas.
Beaucoup de ces pages relatent la "survie" de mon pere, jeune papa en charge de ses deux filles (Mana a pres de quatre ans et Abou deux ans et demi) sans son epouse partie en Haute-Volta pour un mois. je ne recopie ici - égoistement - que ce qui me concerne.
Cela marquait les grandes personnes, ma capacite a parler correctement. On a deja lu dans le temoignage de Michele D. que je parlais comme un professeur de la Sorbonne !
J'ai, dieu merci, hérité de mon pere ce plaisir de dessiner meme si je suis, en la matiere beaucoup moins doué que lui.
Déja je faisais des collages !...
Entre le 5 et le 9 juin papa precise :
Preuve qu'a cinq ans je savais lire et que le dessin de la lettre de papa de fin mai n'etait pas qu'un pis-aller dans la communication avec son fils mais plutot une enjolivure.
Le 29 juin, maman est de retour a Paris mais elle et lui prolongent (pour nous les enfants) leur absence en se prenant une semaine a Tours.
Les enfants sont tres doués pour exprimer leur peur de la catastrophe. Je remarque juste en passant que ca n'est pas tout a fait une phrase livresque et qu'on a du mettre une emphase un peu trop dithyrambique sur mes prouesses vocaliques.
et toc !...