Capitalisme et psychanalyse
Dans J'ai fait HEC et je m'en excuse, Florence Noiville écrit, en parlant de l'un de ses camarades de promo :
Jean-Philippe mène une double vie : avocat d'affaires une moitié du temps, l'autre moitié psychothérapeute. À croire qu'il faut en arriver à des arrangements improbables pour s'approcher d'un équilibre. N'est-ce pas étrange ?
Non ce n'est pas étrange.
Quelque part, à sa manière, Sigmund Freud est le doctrinaire du capitalisme néolibéral. Sa théorie est née dans la société bourgeoise où la volonté de jouir était entravée par un rigorisme religieux qui l'interdisait. Revaloriser le désir et la jouissance, c'est faire le lit de la société de consommation qui intime "faites-vous plaisir, consommer, jouissez sans entraves !"
Freud a mis à bas l'ascèse chrétienne, l'agapê christique, l'éthique mosaïque. Son travail était sans doute nécessaire pour libérer l'homme de certaines de ses névroses mais il a eu pour corolaire de mettre en place une doctrine absolument indispensable à la socété de consommation.
Pour poursuivre sur cette idée, on lira ce blog très instructif, Psychanalyse et Marxisme et ce poste surtout, L’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari.