portrait
Je ne sais pas si j'en ai deja parlé - je passe commande aupres de Yenik Brezina d'un portrait en pied destiné a meubler les murs jansénistes et dénudés de mon appart. on s'est mis d'accord avec Yenik pour un portrait realiste - une grande tache noire pour les habits (je porte mon impermeable noir, jeans noirs, pull noir...) et un fond très très coloré d'affiches déchirées (a la Villeglé) qui sont censées symboliser:
- la société de consommation univoque dans laquelle on vit et contre laquelle Rémilitant lance parfois des imprécations,
- les dix ans de ma carriere passée dans la publicité et les médias que ce portrait se charge de réduire en miettes via le déchirement des affiches (et on comprendra plus tard pourquoi quand j'aurais fini l'ecriture de cette période dans la catégorie Canapé),
- cette société du spectacle a la Debord qui vit a un rythme accéléré (une affiche se colle sur l'autre avant que la colle n'ai eu le temps de sécher) et se sédimente dans nos rétines avant qu'un archéologue du savoir a la Foucault entreprenne de les lacérer pour mieux en faire ressortir la sédimentation,
- par les couleurs brillantes et colorées: la joie de vivre et l'optimisme du mec en noir qui pose devant
Et la couleur noire des habits sera la comme en contre-point pour symboliser:
- l'austérité janséniste et morale du portraité (sans déc' - car si je suis un libertin sexuel, je suis la personne la plus morale des qu'il s'agit de la défense de valeurs fondamentales comme la vérité, la liberté, l'honneteté, la justice...)
- le bon-gout et la décence - le noir est est passé de la couleur du deuil a celle d'un luxe si possible non-ostentatoire
- la part d'ombre que chaque philosophe porte en soi. Et si vivre, c'est apprendre a mourir, un portrait n'est ni plus ni moins qu'un cri de protestation contre l'oubli, le néant, le vide, la dissolution de tout dans tout, un geste certes hautement narcissique mais surtout socratique: connais-toi toi-meme.
premiere esquisse:
Je demandais a Yenik de me dire comment il me voyait (c'etait, apres la seance de pose de ce dimanche, en dinant d'un enorme pied-de-porc a Potrefena Husa, sans son esquisse sous les yeux)
- rigoureux, pas (totalement) heureux
- ah... maintenant je comprends ce qui me gene dans la premiere esquisse que tu as faite pour le tableau, j'y suis serieux, pas souriant. Or je me vois comme un mec optimiste, souriant, heureux de vivre...
- eh bien on changera cela pour la prochaine fois
- s'il te plait...