50 milliards et des brouettes
Qui ignore encore le dernier scandale de Wall Street et l'évaporation de 50 milliards de dollars du fond de Bernard Madoff ?
Sauf erreur de ma part, le fond d'investissement de Madoff n'était pas ouvert aux petits épargnants mais aux grandes fortunes et aux zinzins (les z-investisseurs z-institutionnels de la finance) qui ont les moyens et l'expérience de séparer le bon grain de l'ivraie.
Il y avait deux camps, ceux qui se disaient "c'est trop beau pour être vrai" et ceux qui ne voulaient pas rater le coche d'un fond qui promettait bon an mal an entre 7 et 11% de profit. En fait, un fond d'investissement de cette taille ne peut que très difficilement faire mieux que le marché - les rendements offerts puaient l'arnaque à plein nez et nombreux sont ceux qui ne s'y sont pas trompés.
Le Monde cite Harry Markopolos, un concurrent de M. Madoff, qui a donné l'alerte. Incapable de répliquer les mêmes performances que son rival, il a envoyé un courrier à la SEC, le gendarme américain de la Bourse. "Madoff Securities est le plus gros schéma de Ponzi", y indiquait-il. La SEC aura mené plusieurs enquêtes en 1992, 2001, 2005 et en 2007. Sans toutefois rien découvrir (ça, c'est bizarre).
Et donc, ceux qui ont perdu dans cette affaire (à l'exception des petits épargnants mais je ne pense pas qu'ils aient eu accès audit fonds) avaient les moyens intellectuels et/ou financiers, en tant que spécialistes de la finance ou richissimes investisseurs, de ne pas tomber dans le panneau. Seul l'appât du gain les a aveuglés.