La démesure immobilière dubaïote
Vivre à Dubaï donne souvent le sentiment de se trouver dans une version life du jeu de simulation urbanistique SimCity où, avec un peu d'imagination et dans le cadre des contraintes du jeu, on peut construire une ville idéale (jeu surdéterminé par un inconscient urbanistique de banlieues vertes et pavillonnaires).
Quand je suis arrivé Laurent m'avait dit que Dubaï concentre quelque chose comme 15% des grues au monde. Toute la ville est un chantier. Les projets les plus fous, comme celui de la tour giratoire, sont présentés et promu, parfois très mal. Hier, je découvre Meydan, un projet de quartier périurbain avec immeubles de bureau et d'habitation, villas luxueuses, champ de courses hippiques et centre commercial dont le plan inscrit sur le sol le nom de Mahomet (béni soit son nom).
Je me dis que si un promoteur immobilier faisait construire, en Californie ou ailleurs dans la chrétienté, un centre commercial dont le plan écrirait Jésus, il se ferait lyncher. Je ne comprends pas que, si sensibles sur le sujet de la religion, les musulmans locaux ne bronchent pas de voir associer le nom du Prophète avec le mercantilisme...
Quelques photos...
Vue d'oiseau d'une partie de la maquette du projet - deux hippodromes sont visibles dans le fond
Vue d'oiseau sur le centre commercial du quartier de Meydan, les bâtiments dessinent, dans l'alphabet arabe, le nom du prophète Mahomet (mhmd)
Un immeuble-arc-de-triomphe dont le creux dessine une tête de pur-sang arabe et dont les piles enjambent un bras de mer qui serpente dans tout le projet immobilier.