Et dieu dans tout ca ?

Publié le par reminariste

Peu apres avoir rempli ce questionnaire un peu mal foutu, je me suis étalé sur le sofa et j'ai regardé, en tcheque, Leben für Leben - la vie de saint Maximilien Kolbe, un film de Krzysztof Zanussi.

Un film sur l'Horreur - sans Honneur

Le film est faiblard - il ne respecte pas la vérité historique telle que je la lis dans wikipédia. Quelque part, je me dis que le cinéma polonais est tombé de Charybde en Scylla - thuriféraire du communisme tout d'abord, de l'Église de Rome ensuite. Ce film de 1991 est de la pure propagande catholique qui passe les faits a La Trappe pour faire une belle histoire bien hagiographique. Suite a la fuite du camp de concentration d'Auschwitz d'un quidam, Kolbe, un pretre catholique se propose a la place d'un pere de famille pour mourir a sa place. Survivant de dix jours de famine totale (dieu est avec lui) il est mis a mort par injection de phénol.

Le film en revanche inverse - pour des raisons dramaturgiques honteuses - les destins du quidam échappé (qui dans l'histoire est retrouvé mort dans la fosse septique et dans le film survit - mal et rongé par le remord) et le pere de famille sauvé par Kolbe (dans le film un adolescent pleurnichard qui meurt au moment de la libération du camp en mangeant trop et trop vite

- ouh la belle métaphore par rapport a Kolbe et dix autres condamnés a mourir de faim !

alors que dans l'histoire, le pere de famille sauvé en 1941 par Kolbe a survécu a quatre ans d'Auschwitz (un record !) et n'est mort qu'en 1995).

Zanussi est une ordure de tordre le coup ainsi a la vérité. Une ordure.

C'est Serge Daney qui m'a appris, dans Le Travelling de Kapo, ce qu'est une ordure au cinéma. Il le tenait de Rivette qui l'avait appris de Godard. C'est dire...

En 1961, Jacques Rivette dénonçait avec indignation un effet de mise en scène dans Kapo, film de Gilo Pontecorvo : lorsqu’une déportée (interprétée par Emmanuelle Riva) se suicide en se jetant sur les barbelés électrifiés, un travelling avant vient recadrer artistiquement son cadavre. Cette recherche de “joliesse”, dans de telles circonstances, relevait “de l’abjection”, selon le titre de l’article de Rivette qui citait la phrase célèbre de Godard : “les travellings sont affaire de morale.”

Entre 1961 et 1991 trente ans ont passé et Zanussi n'a aucune excuse pour tenter de rendre "jolie" ni meme "intelligible" une hagiographie.

Quand on filme la foi, on n'a pas le droit de foirer les détails. point.

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Publié dans Notes de lectures

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M
Ce n'est pas important mais je ne regarderai pas You Tube, je n'ai pas encore la mémoire flancheuse
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M
Quand j'ai vu le film à sa sortie, c'était tellement insoutenable que je ne suis pas restée jusqu'à la fin. L'un de mes grands-pères avait été interné dans un camp et en était sorti et jamais je n'ai pu entrer dans le village d'Oradour sur Glane, c'est physique. Je m'indigne tout comme toi de la transposition cinématographique d'évènements tragiques
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