Et dieu dans tout ca ? (bis)
Je voulais écrire sur dieu et je me suis laissé emporter par mon histoire de saint martyr et ma haine du mensonge (surtout pour des basses raisons esthétiques).
Je ressentais l'autre jour, le besoin de définir ma foi. Petit tour...
Tout a commencé par un profond scepticisme quand a la "parole révélée" de la bible. Si la bible se trompe sur la date de la création de la terre, si la bible impose comme loi sacrée ce qui est la loi de tribus nomades ou sédentarisées avec son lot de préjugés (place de la femme, condamnation de l'homosexualité ou de la consommation de porc, etc), si la bible est un livre ou est Le Livre, dans lequel la hiérarchie judéo-chrétienne valide ou invalide telle ou telle loi au gré de ses envies et de ses humeurs (oui il faut mépriser les pédés mais non, il ne faut pas épouser la femme de son frere décédé quand on en a déja une, oui il faut respecter le jour du seigneur mais pas le shabbat meme si la bible l'impose, oui la bible impose aux femmes mariées de se couvrir les cheveux mais non, le tchador est une hérésie musulmane). Etc...
Le pire, quand on a un peu d'éducation et qu'on a été catholique, c'est de découvrir le cynisme des autorités religieuses. Si les saints-peres sont infaillibles et menteurs, en quoi consiste la sainteté, au juste ?
Mon histoire préférée est celle du faux, produits par les papes, pour justifier leur suprématie temporelle (en clair et sans décodeur : leur pouvoir absolu). On lira l'article de wikipedia sur cette donation de Constantin, totalement apocryphe.
Autrement dit, je me refuse a croire en un tissu d'approximations (la bible) et de me soumettre a des menteurs (les papes). Protestant radical, le rapport a dieu est une affaire entre lui et moi.
J'ai donc longtemps voulu croire que dieu n'est pas tres éloigné du principe du hasard, l'aléa. Des phrases comme Inch Allah et Alea iacta est sont interchangeables pour moi. Et souvent prier dieu, c'est souhaiter "mon dieu faites que je tire la bonne question demain au test!..." d'orienter le hasard en sa faveur.
Comme dieu, le hasard est un principe immuable, éternel, splendide, créateur, etc.
Héraclite d'Éphèse (vers -500)
C'est, l'été dernier, a Nice, alors que je passais trois semaines chez maman, que je découvrai mon vadémécum en terme de théosophie.
J'achetai un petit fascicule sur les grands mathématiciens (les mathématiques sont mon dada d'Ingres) et je me fascinai pour John von Neumann, génie polymathe responsable d'avancées fondamentales (excusez du peu)
- en algebre (il crée la définition la plus imparable de ce qu'est un nombre entier, c'est réinventer l'eau chaude me direz-vous mais en mathématique, tant qu'on avance pas sur du solide, on risque de batir un chateau en espagne sur des fondations de sables mouvants et on a un besoin crucial - comme en architecture - de batir sur du solide)
- en physique quantique
- en armement (il collabore au projet manhattan pour la création de la premiere bombe atomique et calcule, ou ne va pas se cacher la rationalité) a quelle distance du sol la bombe doit exploser pour que l'effet de soufle soit maximal)
- en informatique (il concoit l'architecture des ordinateurs qui restera la norme universelle ou presque jusqu'a maintenant)
- en économie (avec la théorie des jeux qui, loin d'etre ludique, est une algorithmisation des échanges économiques)
- en mathématique encore ou il crée le concept d'automate cellulaire et du jeu de la vie
Fasciné par le personnage, je m'empressais alors de compléter l'article sur lui dans wikipédia. Mais revenons a nos moutons déistiques. Croire que nous sommes le fruit d'un pur hasard et quelque peu désespérant. Pas faux rationnellement mais dépouillé, nu, cru.
Avec la découverte du jeu de la vie, chose tres complexe basée sur des regles tres simples, j'ai trouvé la foi. Pour moi, dieu est un mathématicien architecte (dans le sens de celui qui concoit l'architecture d'un programme) qui a inventé le jeu de la vie a l'aide de quelques données de bases tres simples et interchangeables (temps / espace - énergie / matiere) selon quelques regles combinatoires de base.
Quand les francs-macons parlent du grand architecte de l'univers, j'ai toujours l'immodeste impression de savoir exactement de quoi ils parlent.
Et dans ma petite tete, faire des mathématiques, c'est un peu me rapprocher des lois immuables, éternelles, divines, énoncées par dieu avant le commencement du monde.
