L'arroseur arrosé (façon de parler dans un pays désertique)
Je suis surpris du nombre de commentaires et de l'intérêt qu'a suscité mon article sur la démesure immobilière à Dubaï.
Autant en remettre une couche (de ciment frais).
Cette semaine, un article dans la section Business de Gulf news a attiré mon attention - l'économiste de la Standard Chartered Bank recommande - tenez-vous bien - de mettre en place un impôt sur les plus-values, au pays de la taxation zéro indirecte.
D'un point de vue économique c'est ultra-intéressant, cela prouve que l'impôt - outre sa fonction rémunératrice pour État impécunieux - a aussi d'autres fonctions.
En l'occurence, dans la lignée de la taxe Tobin, de limiter la spéculation immobilière.
Masi qu'une institution aussi capitaliste, sinon capitalistique, qu'une banque s'en fasse l'avocate me dépasse...
Ça prouve, incidemment, que le marché immobilier est hautement spéculatif et que certains commencent à trembler dans leurs petits souliers.
Un autre article, Real estate or real economy?, écrit par Richard Dean et publié dans Business 24/7, enfonce le clou.
L'auteur dénonce le fait que l'enrichissement facile (jusqu'alors) dans l'immobilier (real estate) a détourné les fonds qui, autrement, se serait investis dans l'économie réelle et profité au développement du pays.
La philippique est sans appel.
Incidemment, l'article fait référence à Ibn Khaldoun, un savant arabe du XIVe siècle, père de la méthodologie moderne concernant la sociologie et découvreur, un demi-millénaire avant Adam Smith ou Karl Marx, de la théorie de la valeur, fondée sur le travail.
Voici une (mauvaise) photo d'une publicité que je trouve emblématique de ces chateaux de sables qui se construisent 24 heures sur 24. Are your aspirations built only in your imagination? Let us make them real, dit le slogan avec un jeu de mot inévitable sur real, évoquant real estate (immobilier). PS: aucune personne censée ne se baladerait pied-nu sur le sable qui, avec la chaleur ambiante, brulerait la plante des pieds. Personne non plus ne s'y assierait (asseoirait?) n'y poserait le popotin, pour les mêmes raisons.
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