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Samedi 9 juin 2012 6 09 /06 /Juin /2012 19:26

L'événement de la semaine est l'inscription (zápis) à l'État-civil (matrika) par Ivana et moi de la reconnaissance de paternité pour notre enfant à venir.

Par remi - Publié dans : Familles, je vous aime
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 11:51

J'adore la civilisation de l'information dans laquelle nous sommes.

 

Version XVIIIe et bavarde (comme pupitre, Valmont se sert du dos de son amante Émilie avec laquelle il est en train de faire l'amour, pour écrire à la chaste présidente de Tourvel qu'il tente de séduire) :

 

C’est après une nuit orageuse, & pendant laquelle je n’ai pas fermé l’œil ; c’est après avoir été sans cesse ou dans l’agitation d’une ardeur dévorante, ou dans l’entier anéantissement de toutes les facultés de mon âme, que je viens chercher auprès de vous, Madame, un calme dont j’ai besoin, & dont pourtant je n’espère pas pouvoir jouir encore. En effet, la situation où je suis en vous écrivant me fait connaître, plus que jamais, la puissance irrésistible de l’amour ; j’ai peine à conserver assez d’empire sur moi pour mettre quelque ordre dans mes idées ; & déjà je prévois que je ne finirai pas cette Lettre, sans être obligé de l’interrompre. Quoi ! ne puis-je donc espérer que vous partagerez quelque jour le trouble que j’éprouve en ce moment ? J’ose croire cependant que, si vous le connaissiez bien, vous n’y seriez pas entièrement insensible. Croyez-moi, Madame, la froide tranquillité, le sommeil de l’âme, image de la mort, ne mènent point au bonheur ; les passions actives peuvent seules y conduire ; & malgré les tourments que vous me faites éprouver, je crois pouvoir assurer sans crainte, que, dans ce moment même, je suis plus heureux que vous. En vain m’accablez-vous de vos rigueurs désolantes ; elles ne m’empêchent point de m’abandonner entièrement à l’amour, & d’oublier, dans le délire qu’il me cause, le désespoir auquel vous me livrez. C’est ainsi que je veux me venger de l’exil auquel vous me condamnez. Jamais je n’eus tant de plaisir en vous écrivant ; jamais je ne ressentis, dans cette occupation, une émotion si douce, & cependant si vive. Tout semble augmenter mes transports : l’air que je respire est brûlant de volupté ; la table même sur laquelle je vous écris, consacrée pour la première fois à cet usage, devient pour moi l’autel sacré de l’amour ; combien elle va s’embellir à mes yeux ! j’aurai tracé sur elle le serment de vous aimer toujours ! Pardonnez, je vous en supplie, le délire que j’éprouve. Je devrais peut-être m’abandonner moins à des transports que vous ne partagez pas : il faut vous quitter un moment pour dissiper une ivresse qui s’augmente à chaque instant, & qui devient plus forte que moi.

 

Je reviens à vous, Madame, & sans doute j’y reviens toujours avec le même empressement. Cependant le sentiment du bonheur a fui loin de moi ; il a fait place à celui des privations cruelles. A quoi me sert-il de vous parler de mes sentiments, si je cherche en vain les moyens de vous en convaincre ? Après tant d’efforts réitérés, la confiance & la force m’abandonnent à la fois. Si je me retrace encore les plaisirs de l’amour, c’est pour sentir plus vivement le regret d’en être privé. Je ne me vois de ressource que dans votre indulgence, & je sens trop, dans ce moment, combien j’en ai besoin pour espérer de l’obtenir. Cependant jamais mon amour ne fut plus respectueux, jamais il ne dut moins vous offenser ; il est tel, j’ose le dire, que la vertu la plus sévère ne devrait pas le craindre : mais je crains moi-même de vous entretenir plus longtemps de la peine que j’éprouve. Assuré que l’objet qui la cause ne la partage pas, il ne faut pas au moins abuser de ses bontés ; & ce serait le faire, que d’employer plus de temps à vous retracer cette douloureuse image. Je ne prends plus que celui de vous supplier de me répondre, & de ne jamais douter de la vérité de mes sentiments.

 

Version moderne et branchée :

 

IMG 0168

Par remi - Publié dans : Humour, humeurs
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Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 08:03

Mon adresse mail est régulièrement spammée par des organismes parapublics dubaïotes et des sociétés de son excellence Mohamed al-Makhtoum, émir de Dubaï qui gère d'une poigne de fer un État moderne et informatisé (contact avec l'État par internet et mobile : on reçoit un sms au lieu d'une lettre quand on a une amende).

 

Il faudra encore que les sociétés de son excellence apprennent à respecter la vie privée des sujets et des ex-sujets de son excellence et à ne pas se filer leurs fichiers "clients"... Mais bon, le respect des vassaux, des sujets, ça viendra avec la démocratie... Un jour... Aucune raison pour que le Golfe ne connaisse pas, lui aussi, un printemps arabe...

 

Tout ça pour dire que je reçois cette semaine un spam vantant les efforts de Dubaï pour lutter contre le cancer du sein.

 

Comment parler de ce douloureux problème dans un pays islamique ? Comment le visualiser ?

 

Comme ça :

 

pink polo breast cancer advertising in islamic world

 

 

On notera que le joueur de polo tape dans une balle inexistante, à moins que la nana ne vienne de la chouraver...  Ils sont fous ces Bédouins...

 

Les Tchèques sont plus directs :

 

http://www.fenomen.eu/foto/uumdkq4p.jpg

 

(La peur empèche de détecter le cancer du sein à temps)

 

Voyez aussi le visuel de la campagne dont le slogan - drôle et précis - était en tchèque "Laissez-vous tâter/palper" sous-entendant "par un médecin", mais on pouvait le comprendre comme on veux....

 

http://theinspirationroom.com/daily/print/2006/10/Avon-check-them-out.jpg

 

Plus littéral, difficile. On est loin de la métaphore bédouine du pink polo...

Par remi - Publié dans : Visuels visionnaires - Communauté : Publicité
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 01:09

Question : laquelle de ces deux chansons est la plus ancienne.

 

Ce très ancien hymne maronite (dixit des commentaires sur Youtube), ici chanté par l'immense Fairouz et que je traduis librement par "Jésus, ô mon amour" wa habibi.

 

 

 

 

Ou la version française datant de la Renaissance (?) et instrumenté par Pergolesi (??).

 

 

 

 

Que ne suis-je la fougère
Où, sur la fin d'un beau jour,
Se repose ma bergère
Sous la garde de l'amour ?
Que ne suis-je le zéphyre
Qui raffraîchit ses appas,
L'air que sa bouche respire,
La fleur qui naît sous ses pas ?

Que ne suis-je l'onde pure
Qui la reçoit dans son sein ?
Que ne suis-je la parure
Qui la couvre après le bain ?
Que ne suis-je cette glace,
Où son minois répété
Offre à nos yeux une grâce
Qui sourit à la beauté ?

Que ne puis-je, par un songe,
Tenir son cœur enchanté ?
Que ne puis-je du mensonge
Passer à la vérité ?
Les dieux qui m'ont donné l'être
M'ont fait trop ambitieux,
Car enfin je voudrais être
Tout ce qui plaît à ses yeux !

Par remi - Publié dans : Voyages, errance
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 23:43

Après la semaine passée avec Gaspard & Cie à Noyers-sur-Serein, quelques jours à Étang-sur-Arroux chez ma cousine Juliette dans sa nouvelle maison (en tout cas nouvelle pour moi).

 

Je me passionne (en imaginant l'adapter au marché tchèque) pour le business modèle de Scoleo, pour qui Juliette travaille. Je vais voir avec ma serial-entrepreneuse, Ivana, si elle est intéressée...

 

110821 Juju a son bureau

 

À part ça, maëlstrom de visites chez les amis, les voisins, les cousins de Juliette qui, dans ce qu'il convient d'appeler un trou perdu (appelé proprement prdel světa en tchèque, « trou du cul du monde »), a l'une des vies sociales les plus riches qui soient.

 

- samedi soir, à la Grandcour, diner chez les petits-enfants de Marie-Louise Dupont, épouse Dechaume (merci à Michel Dunoyer et Généanet qui me permettent de voir un peu plus clair dans la nébuleuse de la cousinade par alliance de Juliette), Luc & Alain, Marion & San Pi...une belle tablée de quinze personnes passionnantes autour d'un lapin et d'un babaorum.

- dimanche après-midi, thé à Chaume qui comme la Grandcour est une très belle demeure bourguignonne qui donne sur l'Arroux (quand on arrive, une quinzaine de personnes de tous âges nageottent comme des poissons entre les rochers). J'ai le plaisir de retrouver Claire et Philippe Castanet, rencontrés aux quarantes ans de Matthieu.

- lundi soir, diner à Toulongeon chez Chantal Dunoyer (elle fait aussi partie de la susdite nébuleuse) qui nous reçoit royalement avec des tomates du jardin présentées dans une explosion de couleurs rouges et vertes... et surtout, surtout, nous fait visiter son atelier (pour les amateurs, elle expose en ce moment à Autun).

 

tomates de Chantal Dunoyer

 

Je quitte la Bourgogne à regrets pour reprendre la route du sud, à contre-courant des migrations estivales de cette fin d'été...

Par remi - Publié dans : Familles, je vous aime
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 08:55

Un moment magique des vacances.

 

La fête des quarante ans de Gaspard est finie. Nous (cousine Juliette, cousin Francis, cousin Matthieu, sa femme Catherine et leur deux mouflets, Suzanne et Philippe) prenons la route pour une dernière étape ensemble, à Vézelay.

 

Vezelay - nef

 

Dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine, une messe. L'activité monacale a été reprise par la fraternité de Jérusalem, un ordre relativement récent, très "new age" (les moines et nonnes prient assis par terre) et oecuménique, y compris dans leur habit (on porte une sorte de kéfié, plutôt qu'un voile, sur la tête). La polyphonie des chants religieux est extraordinanirement belle.

 

Avec Juliette, je saute le repas de midi qui se déroule dans un petit restau - adorable petite terrasse ombragée par une antique glycine. Depuis le ramadan à Dubaï, j'ai pris l'habitude de sauter les déjeuners - sauf exception ou obligations socio-professionnelles - j'en profite pour assister à l'office divin à l'abbaye.

 

Vézelay - repas en famille

 

Au moment de se donner la paix du Christ, les nonnes et les moines s'éparpillent dans la nef pour partager cet échange propitiatoire avec l'assemblée.

 

Moment magique.

 

Quelques jours plus tard, le dictateur Khadafi perdait totalement le pouvoir en Lybie.

Par remi - Publié dans : Considérations philosophico-religieuses
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 08:42

Après les révisions, on passe aux travaux pratiques.

 

Le cadre est merveilleux, Gaspard a loué un gite dans l'un des plus beaux villages de France, Noyers-sur-Serein (prononcez Noyère, ça rime avec Tonnerre, la ville voisine), l'un des plus beaux villages de France...

 

110813 Noyers-sur-Serein

 

 

La compagnie est excellent, Mathilde, la soeur d'Anne-Cécile et leur petit Gaël, Cécile, la meilleure copine, avec son mari Sylvain et leurs deux enfants,Tristan et Aurane.

 

Le petit Antoine a découvert un petit cheval de bois à sa taille dans la ruelle du restaurant (où, finalement, on n'a pas pu aller ; toutes les tables étaient prises).

 

Antoine a dada

 

À part une visite au château d'Ancy-le-Franc, on a bullé comme des malades dans le jardin du gite, en alignant partie de tric-trac sur partie de tric-trac, assaisonnées de sept-et-demi et de time's up (drôlissime, je recommande).

 

Anne-Cecile, Arthur et Gaspard

Par remi - Publié dans : Familles, je vous aime
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Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 08:20

Numéro "Sexe" des Inrockuptibles.

 

Petite révision de la culture hétéro avant de passer une semaine avec mon cousin Gaspard, sa femme, leurs enfants et trois autres couples, eux aussi dotés d'enfants.

 

Première fois que je lis ce magazine. Je suis bluffé par la qualité. Chapeau d'oser dépoussiérer des mots savants et d'écrire des phrases comme :

 

Ce disque illustre la parthénogenèse du rock.

 

Et drôle aussi (à propos d'un acteur porno français, star à Hollywood) :

 

l'homme qui murmurait à l'oreille des chiennes

 

Et cultivé au point de citer le poète tchèque Patrik Ourednik :

 

Notre époque a inventé

l'airbag, la guerre propre

le tri sélectif, la guerre nucléaire

la banalisation de la pornographie

et les injonctions à la morale

la liberté de dire tout et n'importe quoi

dans les espaces publics

à conditions d'y pénétrer

sans fumer...

 

Par remi - Publié dans : Considérations philosophico-religieuses - Communauté : Un monde plus beau
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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 12:43

Samedi soir, je me rends à l’invitation à prendre un verre au Bukowski’s, lancée par Scott MacMillan, rencontré à Prague par l’intermédiaire de Vladan Sir et retrouvé à Dubaï quand j’y débarquais (Scott était alors le rédacteur en chef de Strategy, un magazine professionnel sur le monde nombriliste de la publicité). Il a quitté Dubaï pour se lancer dans un périple journalistique panafricain, raconté sur son blog Wandering savage (« Sauvage baroudeur »).

 

Outre Jeff Buehler, de Prague College (et quelques autres amis ou connaissances), je retrouve Douglas Arellanes (je le connaissais de vue, des années Prognosis) avec qui je me lie d’amitiés, fasciné par son projet actuel et les valeurs qu’il promeut : offrir gratuitement une infrastructure technique aux médias du tiers-monde et des pays non-démocratiques (les médias de Biélorussie ou de Géorgie se qualifient, par exemple).

 

- Et comment vous faites de l’argent ?

- Au départ on avait programmé ce progiciel, une sorte de YouTube pour fichiers audio, qui sert pour référencer et aligner la programmation/rotation des fichiers et on l’a vendu à une station suisse. Notre client a adoré notre produit et quand on lui a parlé des applications potentielles (puisque c’est basé sur internet, on peut mettre la radio à l’abri des pressions prédatrices et censoriales des dictatures, les fichiers étant hébergés n’importe où et la diffusion se faisant par satellite – puisque c’est sur internet et très maniable, on peut aider à réduire drastiquement les couts de production pour les médias du tiers-monde), il a dit : « il faut absolument que vous rencontriez mon investisseur. » Quelques heures plus tard, on rencontrait le richissime héritier d’une dynastie industrielle suisse qui a immédiatement dit « banco » pour ce projet.

- De qui s’agit-il ?

- Il ne désire pas être nommé. Il fuit la presse. Il fait le bien mais en toute discrétion.

- Laisse-moi deviner, il est calviniste ; c’est typique de la mentalité calviniste suisse cette discrétion dans la charité, cette obsession de ne jamais montrer son argent. Si je suis riche, c’est grâce à Dieu – je n’ai aucun crédit – à Dieu seul la gloire…

- Oui, effectivement. Je n’avais pas fait le lien comme ça mais effectivement, il est calviniste.

 

Grâce à la foi d’un Suisse altruiste, Doug a pu créer SourceFabric qui aide les médias du tiers-monde et des pays en voie vers la démocratie.

Par remi - Publié dans : Chronique pragoise - Communauté : Pour un libéralisme humaniste
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 11:32

 

Diner avec Cédric qui me rappelle que mon anniversaire tombe bientôt. En bon vendeur, il essaie de me fourguer sa came, une soirée avec réservation du VIP lounge dans son club.

 

Merci Cédric, mais trop bling-bling… trop années 2000.

 

Depuis Dubaï, je suis allergique à tout ce qui étincèle.

Par remi - Publié dans : Chronique pragoise
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