J'ai promis de faire de la pub parce qu'il sont adorable et je sais que tu y seras super bien reçu.
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Le Monde fait part qu'une minipolémique agite l'appareil judiciaire français : une loi destinée à faciliter la luttre contre les sectes (et nommément contre la scientologie) a été changée in extrémis, avant de passer devant l'Assemblée et dépouillée de son potentiel nocif contre les sectes. Elle devait être en place avant le début du procès contre l'Église de scientologie - raté ! Le Sénat tente, mais trop tard, de rattraper le coup.
Sans rentrer dans le détail (fournis par le Monde, cliquez sur les liens), cette façon de faire me hérisse.
Elle est emblématique d'un État-nounou (je vais vous protéger contre les méchantes sectes) et surpuissant (je vais dissoudre les méchantes sectes - les mécréants sont priés de revenir dans le giron de la laïcité unverselle).
Il y a inversion des principes du droit.
Nous devrions être libres de pécher, de foutre notre argent par les fenêtres comme bon nous semble (de le donner à l'Église catholique pour construire des choses aussi inutiles et merveilleuses qu'une cathédrale pour la remercier d'entretenir notre croyance en la vie éternelle - de le donner à l'Église scientologique pour la remercier de nous procurer ce plaisir inéfable de croire en l'amélioration de nos potentialités psychiques et de faire des choses aussi inutiles et incroyable qu'un éléctromètre qui mesure la charge mentale du croyant). Nous devrions être libres de faire ce que bon nous semble dans la mesure où est respectée la liberté d'autrui.
Au lieu de quoi, l'État s'arroge le droit de décider à notre place et de dissoudre une Église en la condamnant pour escroquerie.
Non ! Ce ne sont pas les casinos et/ou les Églises qu'il faut fermer si un mauvais perdant qui n'a pas touché le jackpot, et fait un procès pour escroquerie.
Ce sont les citoyens faibles -et eux seuls - qu'il faut défendre d'eux-mêmes en cas de défaillance patente. Dans des cas extrêmes, on peut se faire inscrire sur la liste des personnes interdites de jeu. Les croyants trop crédules devraient pouvoir faire de même !...
Dimanche après-midi, Gioacchino m'appelle pour me proposer d'aller à un concert à l'Arsenal... L'Arsenal est un ancien arsenal militaire converti en salle de concert par Ricardo Bofill. Je fais une confiance aveugle dans les gouts musicaux de Gioacchino. Je dis oui. Rendez-vous est pris pour la brasserie de Maitre Kanter, diner prémusical.
Je décide de me faire beau et sort de la naphtaline le costume noir à col mao que j'accessorise d'une petite croix en argent sur la poitrine pour en accentuer le coté clergyman et en gommer le côté bourgeois-bohême.
Gioacchino rigole en me voyant arriver.
- tu sais ce qu'on va voir ?
- bah non... je te laisse me faire la surprise !
- des chants sépharades, dans le cadre des journées européennes de la culture juive.
- super ! un de mes souvenirs clés en musique, c'est une ballade séfarade par Esther Lamandier...
Avant le concert, j'engage la conversation avec un vieux monsieur sur "la religion et la foi de nos jours"
... ce que j'en dis :
c'est comme le sport, faut pratiquer, s'entrainer tous les jours pour être un bon sportif, croyant.
Un autre personne se joint à notre petit groupe, la conversation roule sur "les origines juives du christianisme" - je parle de ma fantastique amie Jutka auteure de cette drolissime anecdote sur la confusion linguistique entre messy et le Messie. Et puis, je ressors ma vieille marotte calendo-religieuse sur la concordance entre le début de l'ère chrétienne et la circoncision de Jésus de Nazareth. J'affirme péremptoirement et mes nouveaux amis boivent du petit-lait :
- on ne le sais pas assez mais l'ère chrétienne nait du moment de son entrée dans la communauté des hommes juifs et pas du jour de sa naissance ! Ce jour a longtemps été célébré par le catholicisme comme le jour de la Saint-Prépuce.
À un moment :
- j'aimerais vous présenter ma femme, qui dois-je introduire ? Le père... ?
- Appelez-moi simplement Rémi...
Mais il est temps d'aller écouter le concert. L'organisatrice des journées européennes de la culture juive, Désy Mayer fait un excellent discours et place à la musique séfarade.
hélas - je n'ai pas de photo de moi en clergyman...
Gioacchino, rencontré par hasard dans l'après-midi, très aimablement, m'envoie un texto pour me dire qu'on peut se faufiler par la porte des chanoines pour assister à la répétition du concert que l'orchestre national de Lorraine donnera demain dans la cathédrale de Metz.
Photo prise en avant-première et en catimini :
- On a beaucoup de chance de s'être rencontrés cet après-midi, je ne passe plus du tout dans mon ancien quartier.
- Dieu existe !
- Ça n'est pas ici que je vais te contredire !...
- Rappelle-moi, de qui est-ce, ce qu'on écoute ?
- De Rossini. Il a le même prénom que moi.
- Ah ! D'accord...
- On n'entend plus assez sa musique sacrée...
- On n'entend plus assez de musique sacrée. L'émotion musicale de l'été, pour moi, c'était un concert de musique sacrée minimaliste, d'Arvo Pärt et d'autres compositeurs estoniens et polonais que ma soeur a chanté, á La Rochelle.
- Je ne connais pas du tout.
- Ach ! Y'avait un crédo d'Urmas Sisask extraordinairement émouvant !
- Il faudra que tu me le fasses découvrir.
- Volontiers.
- Non ! Ce n'est pas Rossini ce qu'on écoute. C'est Puccini ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi je me suis trompé !
Puis l'orchestre et le choeur font une pause et j'en profite pour aller saluer Michel et Danièle Ohl qui chantent avec la Villanelle.
Demain soir, au programme : Les Vêpres Siciliennes de Giuseppe Verdi et la Messa di Gloria de Giacomo Puccini sous la direction de Jacques Mercier.
Je me réjouis d'avance. Gioacchino me fait part des prochains concerts (La Bohème, le 2 octobre, etc.) à ne pas rater. Je songe : quel contrast avec Dubaï où le fric est affiché partout et la culture présente nulle part !
Dans les devises que je me suis donné, il y a cette philosophie portative, cette très belle phrase de Jacques Prévert :
Il faut être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple.
Trop de gens passent leur vie à se plaindre et à pourir la vie des autres. Si chacun, à notre petit niveau changeons un peu, décidons de moins nous plaindre, de plus irradier le bonheur autour de nous, alors il ira en grandissant.
Il y a celle que je tiens de ma soeur Eve qui m'envoya cette phrase un jour dans une belle lettre :
Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-memes car ils n'ont pas fini de s'amuser.
C'est un peu long pour mettre sur un blason... Se moquer des autres est facile mais ça peut se retourner contre celui qui le fait et qui se fait des ennemis. Se moquer de soi est bien plus difficile et plus payant. C'est une marque de détachement et d'intelligence. Pour l'expliquer autrement : l'humour juif dans la bouche de monsieur Dupont est un humour raciste, destiné à dévaloriser ; dans la bouche de mon amie Judith, c'est drôle. Ce qui est valable pour les Juifs est valable pour tout le monde.
Et puis celle-ci, sérieuse et familiale
Dilige et fac hoc vis.
qu'on peut traduire en bon franglais par "work hard, play hard" ou "travaille dur et fais ce qui te plait"...
Parce que pour moi, la vérité est une valeur à laquelle je ne saurai compromettre, il y a la devise de la republique tcheque que j'ai faite mienne :
Pravda vitezi - la vérité vaincra.
Et puis, pour finir, j'aime beaucoup la devise d'un évêque de Toul dont m'avait fait part mon père, il y a longtemps, un beau résumé épicurien-stoicien de la vie :
Naitre Aimer Mourir
S'il y a une devise que tu aimes et que tu aimerais partager avec moi ou d'autres lecteurs, laisse-moi un commentaire.
Je dévore en un soir et un matin, Nicolas Bourbaki, Histoire d'un génie des mathématiques qui n'a jamais existé d'Amir D. Aczel.
Au delà des quelques défauts du livre (de nobreuses redites, principalement), c'est un passionnant ouvrage de vulgarisation scientifique que l'on peut lire sans (presque) aucune connaissance mathématique : la topologie, je sais vaguement ce que c'est, le groupe de Lie, en revanche, je cale aussi - mais bon, on peut lire le livre sans avoir besoin de le savoir dans le détail).
Là où je trouve le livre le plus fort, c'est dans la généralisation de l'apport de Bourbaki au structuralisme de son époque, c'est à dire à tout le reste en dehors de la mathématique. J'ai adoré prendre connaissance des liens tissés entre Bourbaki, le Cercle linguistique de Prague (pour la linguistique), Claude Lévi-Strauss (pour l'anthropologie), Jacques Lacan pour la psychanalyse et/ou l'Oulipo dans le domaine de la littérature.
En lisant le livre, je me dis que Nicolas Bourbaki a aussi été le précurseur de Wikipédia : il est fait de plusieurs auteurs, tous anonymes, qui font avancer la connaissance en ébauchant, relisant, améliorant et publiant ce qu'ils savent sur un sujet donné. J'ai été déçu, presque choqué, d'apprendre que le côté "encyclopédie libre et ouverte" du groupe a été sacrifé sur l'autel de l'argent et que les bourbakistes se sont battus avec leur éditeur pour récupérer les droits d'auteur (au moins sur les éditions internationales). Certes, cela a eu lieu quand Nicolas Bourbaki était déjà « mort » (les collaborateurs n'étaient plus que des mathématiciens mineurs et il avait cessé de publier quoi que ce soit de novateur dans le domaine de la mathématique).
Mais Nicolas Bourbaki est bel et bien mort. C'est même votre humble serviteur qui, en 2006, a rajouté son faire-part de décès dans Wikipédia.
Ce livre m'aura fait découvrir et donné l'envie d'en savoir plus sur Alexandre Grothendieck.
Je passe le weekend chez Isabelle, à Nancy. Début de soirée au bar à vins, l'Échanson, dont j'avais tant entendu parler...
Le lendemain, on va à la piscine de Nancy thermal pour quarante minutes de nage non-stop.
À Nancy, le Hall aux livres est une librairie ouverte le dimanche. Rien que pour ça, ça donne envie de déménager à Nancy ! J'achète Nicolas Bourbaki, Histoire d'un génie des mathématiques qui n'a jamais existé d'Amir D. Aczel que je dévore le soir-même et finit le lendemain matin.
Je relis mon journal de 2001. On va rendre visite à Hervé en Californie. Je note la naïveté du questionnaire que les voyageurs étrangers doivent remplir :
- Êtes-vous drogué ?
- Êtes-vous terroriste ?
- Êtes-vous criminel ?
- Avez-vous une arme sur vous ?
- Avez-vous répondu honnêtement à toutes ces questions ?
Il n'y avait plus "êtes-vous communiste" que j'avais encore lu en 1984.
J'adore la dernière question. C’était deux mois avant nine eleven.
J’ai envie de barrer le paragraphe qui clôt le questionnaire et surmonte la signature :
- J’autorise l’Agence fédérale à m’éjecter sans raison et à me soumettre à son bon vouloir. Je lui abandonne mes droits civiques.
Au pays de la démocratie absolue, le métèque est administrativement dépossédé de ses droits.
Est-ce que les Américains ont fait des progrès depuis ?
La grande nouvelle du jour, chez Odile et Denys, c'est la naissance de leur septième petit-enfant, Edgar, le dernier-né de François et Caroline.
Il y a une autre grande nouvelle locale. Denys, avec son humour taquin, me l'annonce de manière cryptique :
La fortune de ton père a doublé pendant la nuit. C'est ta mère qui doit se mordre les doigts d'avoir obtenu une séparation de biens trop tôt !...
Je ne comprends pas. Denys me tend le Républicain lorrain qui titre : "Les vins de Moselle dans la cour des grands" et obtenir le label AOC. Je ne sais pas si j'en hériterai, mais, effectivement, c'est une bonne nouvelle pour le château de Vaux.
Je passe la matinée chez Ogile et Denys, profitant de leur wifi. Ils m'invitent gentiment à déjeuner avec eux mais j'ai rendez-vous avec papa.
Denys, toujours taquin, me dit :
- Ah ! Tu vois ton cher ami ! Salue le bien de notre part !
Déjeuner très agréable. On discute de François Mauriace dont papa trimbale l'imposante biographie, intéressé par les positions politiques de l'écrivain, proches de celles de son père. On parle, je ne sais plus pourquoi, du Secret de l'Occident de David Cosandey, que je lui passe pour qu'il le lise.
Le soir, il m'appelle pour me proposer de l'accompagner pour rendre visite à Michel et Danielle Ohl qui restaurent, depuis quelques années, la ferme de Béville, une imposante demeure seigneuriale lorraine où ils ont recréé (entre autres) un jardin d'herbes médicinales moyenâgeux et installé un charmant petit oratoire dans la partie voutée la plus ancienne.
J'ai le plaisir de refaire la connaissance de leur fils Benoit. Ça fait vingt ans qu'on ne s'est pas vus. Il a une liberté de vie, de pensée, d'être, tout à fait fascinante.
Je passe trois étés par an : en mai-juin en Inde, en juillet-aout en France et le reste de l'année au Brésil. Là-bas, l'été c'est en janvier-février.
Heureux homme estival. Cet éternel été qu'il s'accorde se voit sur son visage qui rayonne de bonheur.
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